Train Alger-Tamanrasset relance les grands travaux

Le projet de ligne ferroviaire reliant Alger à Tamanrasset, évoqué lors de la dernière réunion du gouvernement algérien en juin 2026, marque une étape décisive dans la modernisation des infrastructures de transport du pays. Selon les sources officielles de l’Agence Presse Service (APS) et d’Algérie Eco, ce chantier s’inscrit dans une stratégie plus large de désenclavement des régions sahariennes et de renforcement de la connectivité nationale.

Un tracé de 2 000 kilomètres
Le tracé prévu pour cette ligne ferroviaire s’étendra sur près de 2 000 kilomètres, traversant plusieurs wilayas du sud algérien. D’après les documents examinés lors de la réunion gouvernementale, le projet comprendra des gares intermédiaires à Ghardaïa, Ouargla, Hassi Messaoud et Adrar. Le ministère des Travaux publics et des Transports a souligné que cette infrastructure permettra de réduire significativement les temps de trajet entre le nord et le sud du pays, actuellement dépendants des liaisons aériennes ou des routes souvent saturées.

Des retombées économiques attendues
Les autorités algériennes misent sur ce projet pour stimuler l’économie locale. Selon Abderrahmane Hadef, consultant international en développement économique cité par Horizons, la ligne ferroviaire facilitera le transport des marchandises, notamment les produits agricoles et miniers des régions sahariennes vers les ports du nord. « Ce corridor logistique pourrait attirer des investissements dans les zones industrielles du sud, où les coûts de transport représentent un frein majeur », a-t-il déclaré.

Financement et calendrier
Bien que les détails financiers n’aient pas été entièrement dévoilés, les sources proches du dossier indiquent que le projet pourrait être financé par des fonds publics et des partenariats avec des entreprises nationales comme la SNTF (Société Nationale des Transports Ferroviaires). Un premier tronçon entre Alger et Ghardaïa pourrait être opérationnel d’ici 2028, selon les estimations préliminaires. Cependant, les défis techniques liés aux conditions climatiques extrêmes du Sahara et à la logistique des matériaux restent à surmonter.

Un projet dans la continuité des grands travaux
Ce chantier s’ajoute à d’autres initiatives récentes visant à moderniser les infrastructures algériennes. En 2025, le gouvernement avait déjà lancé des travaux pour améliorer l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs wilayas, après des pénuries répétées signalées par Le360 Afrique. La ligne Alger-Tamanrasset s’inscrit donc dans une dynamique plus large, où les travaux publics deviennent un levier de développement territorial.

Réactions des acteurs locaux
Les élus des wilayas concernées ont accueilli favorablement l’annonce. Le wali d’Adrar a salué un projet « attendu depuis des décennies » par les populations locales, tandis que des associations de transporteurs routiers ont exprimé des craintes quant à la concurrence que pourrait représenter cette nouvelle ligne pour leur secteur. « Il faudra accompagner cette transition pour éviter des déséquilibres économiques », a précisé un représentant du syndicat des transporteurs.

Des défis techniques et environnementaux
Les ingénieurs en charge du projet devront composer avec les spécificités du désert algérien, notamment les tempêtes de sable et les amplitudes thermiques extrêmes. Des solutions techniques, comme des systèmes de protection des voies et des matériaux adaptés, sont à l’étude. Par ailleurs, des études d’impact environnemental ont été commandées pour évaluer les effets sur les écosystèmes sahariens, déjà fragilisés par la désertification.

Un symbole de la volonté de désenclavement
Au-delà des aspects économiques et techniques, ce projet revêt une dimension symbolique. Il incarne la volonté des autorités algériennes de réduire les disparités régionales et de renforcer l’unité nationale. Comme l’a souligné un responsable du ministère des Travaux publics, « cette ligne ferroviaire n’est pas seulement un moyen de transport, mais un outil de cohésion sociale et de développement équilibré ».

Les prochaines étapes
Les prochains mois seront consacrés à la finalisation des études de faisabilité et à la mobilisation des financements. Une consultation publique pourrait être organisée pour recueillir les avis des citoyens et des acteurs économiques locaux. Si le calendrier est respecté, les premiers appels d’offres pourraient être lancés dès 2027, marquant le début effectif des travaux.

Laisser un commentaire