La Banque mondiale revoit la croissance algérienne à la baisse

La Banque mondiale a récemment ajusté ses prévisions économiques pour l’Algérie, anticipant une légère hausse de la croissance tout en revoyant à la baisse les perspectives pour les pays du Golfe. Selon le rapport cité par El Watan, cette révision intervient dans un contexte marqué par des incertitudes géopolitiques et des fluctuations des prix de l’énergie, deux facteurs clés pour l’économie algérienne.

Une croissance en demi-teinte

Cependant, le rapport met en garde contre la dépendance persistante de l’Algérie aux hydrocarbures. Malgré les efforts de diversification, le secteur énergétique représente encore une part importante des recettes budgétaires et des exportations. Les fluctuations des cours du pétrole et du gaz, amplifiées par les crises internationales, continuent donc de peser sur la stabilité macroéconomique du pays.

Les défis structurels persistent

Un autre obstacle majeur est le niveau élevé du chômage, en particulier chez les jeunes. Selon les données officielles, le taux de chômage des 15-24 ans dépasse les 30 %, un chiffre qui alimente les tensions sociales et limite le potentiel de consommation intérieure. La Banque mondiale recommande des mesures ciblées pour améliorer l’employabilité, comme la formation professionnelle et le soutien aux start-ups.

Comparaison avec les pays du Golfe

Néanmoins, la Banque mondiale rappelle que l’Algérie reste exposée aux mêmes risques que ses voisins, notamment en matière de transition énergétique. La demande mondiale en hydrocarbures pourrait diminuer à moyen terme, sous l’effet des politiques climatiques et des avancées technologiques. Une transition trop lente vers une économie moins carbonée pourrait donc fragiliser le pays à l’horizon 2030.

Les recommandations de la Banque mondiale

Le rapport souligne également l’importance de moderniser le système éducatif pour l’adapter aux besoins du marché du travail. Une meilleure adéquation entre les formations dispensées et les compétences recherchées par les entreprises pourrait réduire le chômage des jeunes et stimuler l’innovation.

Réactions des autorités algériennes

Les économistes algériens, interrogés par El Watan, estiment que ces prévisions doivent servir d’avertissement. Pour eux, la fenêtre d’opportunité pour engager des réformes structurelles se referme rapidement. Sans actions concrètes, l’Algérie risque de rater le coche de la reprise économique post-pandémie et de voir son retard se creuser face à des pays plus dynamiques, comme le Maroc ou la Tunisie.

Un appel à l’action

Les prochains mois seront décisifs. Le budget 2025, actuellement en discussion, pourrait être l’occasion de concrétiser ces changements. Mais pour cela, il faudra surmonter les blocages internes et faire preuve d’une vision à long terme, au-delà des cycles électoraux. L’enjeu est de taille : assurer une croissance inclusive et durable, capable de répondre aux attentes d’une jeunesse en quête d’opportunités.

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