L’ancien secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a récemment souligné les atouts de l’Algérie pour mener une transition énergétique réussie. Invité à Alger dans le cadre d’un forum international sur les énergies renouvelables, il a déclaré que le pays disposait des ressources naturelles et des capacités techniques pour devenir un leader régional dans ce domaine. Ses propos, rapportés par Le Courrier d’Algérie, interviennent alors que l’Algérie accélère ses projets dans les énergies propres.
Un potentiel solaire et éolien sous-exploité
Selon les données du Portail algérien des énergies renouvelables, l’Algérie vise une capacité de 15 000 mégawatts (MW) d’énergies renouvelables d’ici 2030. Actuellement, le pays compte environ 500 MW de capacités installées, principalement dans le solaire photovoltaïque. Le ministère de la Transition énergétique et des Énergies renouvelables a lancé plusieurs appels d’offres pour des centrales solaires et éoliennes, avec des partenariats publics-privés en cours de finalisation.
Des défis structurels à surmonter
Un autre défi est celui du financement. Les banques algériennes, souvent réticentes à financer des projets à long terme, privilégient les secteurs traditionnels. Le gouvernement a créé en 2024 un fonds dédié aux énergies renouvelables, doté de 5 milliards de dollars, mais son déploiement reste lent. « Il faut des mécanismes de garantie pour attirer les investisseurs étrangers », a suggéré Ban Ki-moon, citant l’exemple du Maroc, qui a réussi à mobiliser des fonds internationaux pour son complexe solaire de Ouarzazate.
La réserve de Réghaïa, symbole des lacunes environnementales
Le ministère de l’Environnement a annoncé en 2025 un plan de réhabilitation pour Réghaïa, incluant la dépollution du lac et la création d’un parc écologique. Cependant, les associations locales, comme l’Association algérienne pour la protection de la nature (AAPN), dénoncent un manque de moyens et de volonté politique. « Les promesses se succèdent, mais les actions concrètes se font attendre », a déclaré un membre de l’AAPN à El Watan.
Une opportunité géopolitique pour l’Algérie
L’Union européenne, en quête de partenaires pour sa transition énergétique, a récemment exprimé son intérêt pour les projets algériens. Une délégation de la Commission européenne a visité Alger en mai 2026 pour discuter de coopérations dans l’hydrogène vert et les interconnexions électriques. « L’Algérie peut devenir un fournisseur clé d’énergie propre pour l’Europe, à condition d’accélérer ses réformes », a estimé un diplomate européen cité par TSA.
Les prochaines étapes
Par ailleurs, la formation des compétences locales est un enjeu crucial. L’École nationale polytechnique d’Alger et l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB) ont lancé des masters spécialisés en énergies renouvelables, mais les effectifs restent insuffisants. « Nous avons besoin de milliers d’ingénieurs et de techniciens pour mener à bien ces projets », a souligné un responsable du ministère de l’Enseignement supérieur à L’Expression.
La visite de Ban Ki-moon a relancé le débat sur la transition énergétique en Algérie. Si le pays dispose d’atouts indéniables, les défis à relever sont nombreux. Entre réformes structurelles, protection de l’environnement et coopération internationale, l’Algérie se trouve à un tournant. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si elle parviendra à transformer son potentiel en réalité.