Budget 2026 : gauche et RN ciblent les multinationales

L’Assemblée populaire nationale (APN) a adopté en première lecture une proposition de loi visant à renforcer la fiscalité des multinationales opérant en Algérie, selon franceinfo. Le texte, soutenu par les groupes parlementaires de gauche et le Rassemblement national (RN), a suscité une vive opposition du gouvernement, qui y voit une menace pour l’attractivité économique du pays.

Une fiscalité alourdie pour les géants étrangers

Selon les auteurs de la proposition, les multinationales bénéficient actuellement de régimes dérogatoires et de conventions fiscales avantageuses, creusant ainsi le déficit budgétaire. Le député du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a déclaré lors des débats que « ces entreprises réalisent des profits colossaux sur le dos des ressources algériennes, sans contribuer équitablement aux charges de l’État ». Une position partagée par les élus du Front des forces socialistes (FFS) et du RN, qui ont voté en faveur du texte.

Le gouvernement dénonce un risque économique

Faid a rappelé que l’Algérie avait déjà assoupli son code des investissements en 2022 pour attirer les capitaux étrangers, avec des exonérations fiscales temporaires et des garanties contre les nationalisations. « Nous ne pouvons pas envoyer des signaux contradictoires aux marchés », a-t-il insisté. Le Premier ministre, Nadir Larbaoui, a également exprimé ses réserves, soulignant que « toute réforme fiscale doit être concertée avec les partenaires économiques pour éviter des effets pervers ».

Un débat qui dépasse les clivages politiques

Pour les économistes, ce vote reflète une tendance plus large : la montée des revendications pour une fiscalité plus juste. « L’Algérie a besoin de recettes supplémentaires pour financer ses grands projets, mais elle doit aussi préserver son attractivité », explique l’analyste financier Kamel Mansouri. Il souligne que d’autres pays, comme la Tunisie et le Maroc, ont adopté des mesures similaires sans pour autant décourager les investissements, à condition de les accompagner de réformes structurelles.

Prochaines étapes et enjeux

Si la loi est finalement adoptée, elle s’inscrirait dans une dynamique régionale où les États cherchent à reprendre le contrôle de leurs ressources face aux multinationales. Reste à savoir si l’Algérie parviendra à concilier justice fiscale et croissance économique, dans un contexte marqué par la volatilité des prix du pétrole et la nécessité de créer des emplois.

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