Zerrouki dévoile la stratégie numérique algérienne

Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Karim Bibi Triki, a récemment chargé le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Abdelkader Zerrouki, de présenter la vision de l’Algérie pour construire un écosystème numérique inclusif et sécurisé. Cette intervention, rapportée par aps.dz, s’inscrit dans le cadre des préparatifs pour le déploiement de la 5G et la modernisation des infrastructures technologiques du pays.

Une feuille de route pour la souveraineté numérique

Parmi les mesures évoquées, la création d’un centre national de réponse aux incidents cyber (CERT) figure en tête de liste. Ce dispositif permettrait de coordonner les actions en cas d’attaques informatiques et d’assurer une veille permanente sur les menaces. Zerrouki a également insisté sur l’importance de la coopération entre les institutions publiques, les opérateurs télécoms et les acteurs privés pour garantir une sécurité homogène sur l’ensemble du territoire.

Inclusion numérique et accès équitable

Le ministre Bibi Triki a d’ailleurs confirmé que les premiers tests de la 5G débuteront en 2026, avec une priorité accordée aux zones industrielles et aux pôles économiques. Cette technologie, jugée essentielle pour la compétitivité du pays, devra s’accompagner de garanties strictes en matière de protection des données. Zerrouki a précisé que l’ANSSI travaille sur un cadre réglementaire spécifique pour encadrer l’utilisation de la 5G, incluant des audits réguliers des équipements et des fournisseurs.

Formation et innovation au cœur du projet

Zerrouki a également évoqué le soutien à l’innovation, avec la création de laboratoires dédiés à la recherche en sécurité informatique. Ces structures, financées par l’État et les entreprises privées, devraient permettre à l’Algérie de développer ses propres solutions technologiques, notamment dans le domaine de la cryptographie et de la détection des cybermenaces.

Enjeux géopolitiques et défis techniques

Sur le plan technique, la modernisation des infrastructures existantes représente un coût important. Selon aps.dz, le gouvernement prévoit d’investir plus de 2 milliards de dollars dans les cinq prochaines années pour moderniser les réseaux et renforcer la cybersécurité. Ces fonds serviront notamment à remplacer les équipements obsolètes et à mettre en place des systèmes de surveillance avancés.

Un modèle pour l’Afrique ?

Pour l’Algérie, cette stratégie s’inscrit dans une ambition plus large : devenir un hub technologique en Afrique du Nord. Le succès de ce projet dépendra cependant de la capacité du pays à concilier rapidité de déploiement et rigueur sécuritaire, tout en assurant une adoption massive des outils numériques par la population.

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