Revue de presse : Sport Algérie, Journalisme Algérie, Sécurité Algérie…

**L’Algérie, ou l’art de danser sur un volcan éteint (mais toujours fumant)**

L’Algérie contemporaine est un pays en tension permanente entre deux forces : celle d’une souveraineté retrouvée, affichée avec fierté, et celle d’une dépendance structurelle aux logiques néocoloniales, qu’elle soit économique, sécuritaire ou culturelle. Les actualités de ces dix domaines, en apparence disparates, dessinent en réalité une carte mentale du pays – une carte où les lignes de fracture et les dynamiques de résistance s’entremêlent comme les veines d’un marbre ancien.

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’omniprésence d’un double discours. D’un côté, une Algérie qui se projette comme puissance régionale, multipliant les initiatives en Afrique subsaharienne, modernisant ses infrastructures, et revendiquant une autonomie financière via la finance islamique. De l’autre, une Algérie qui reste prisonnière de ses vieux démons : la dépendance aux hydrocarbures, les négociations opaques avec la France sur la sécurité et l’immigration, et une société civile toujours prise en étau entre conservatisme et modernité.

Cette schizophrénie n’est pas un hasard. Elle est le produit d’une histoire coloniale non soldée, d’un État post-indépendant qui a oscillé entre socialisme autoritaire et libéralisme de façade, et d’une jeunesse qui, aujourd’hui, exige des comptes sans toujours savoir vers quel modèle se tourner. Les fils rouges qui relient ces actualités ? La quête de souveraineté, la peur de l’effondrement, et une économie politique où le symbolique prime souvent sur le concret.

**Souveraineté économique : le mirage des milliards et la réalité des dépendances**

**L’argent qui coule (mais pas où on l’attend)**

Les projets d’exportation vers la RDC ou les annonces de cargaisons de produits algériens depuis Sétif sont des signes encourageants, mais ils restent marginaux. L’industrie cimentière, par exemple, peine à exporter davantage – non pas par manque de capacité, mais parce que les infrastructures logistiques (transport ferroviaire, ports) sont encore en retard. La ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El Meniaâ, étendue vers Hassi Messaoud, est un pas dans la bonne direction, mais elle illustre aussi le paradoxe algérien : on construit des voies ferrées pour exporter des matières premières (pétrole, ciment), pas pour développer une économie post-hydrocarbures.

**La finance islamique : une souveraineté de façade ?**

Mais là encore, la question se pose : la finance islamique est-elle un outil de souveraineté ou un leurre ? D’un côté, elle permet de capter des liquidités qui échapperaient autrement au système bancaire classique. De l’autre, elle s’inscrit dans une logique de dépolitisation de l’économie : en promouvant des produits « éthiques » (halal), l’État évite de remettre en cause les structures capitalistes qui perpétuent la dépendance aux hydrocarbures. Comme le soulignait Frédéric Lordon, le capitalisme sait se parer des habits de la morale pour mieux survivre.

**Sécurité et immigration : le pacte faustien avec la France**

**Darmanin à Alger : la realpolitik des corps et des noms**

– La France a besoin de l’Algérie pour stabiliser le Sahel (où l’influence algérienne est réelle, notamment via le Mali et le Niger) et pour contrôler les flux migratoires.
– L’Algérie, elle, a besoin de la France pour obtenir des visas (malgré les restrictions), pour accéder aux marchés européens, et pour bénéficier d’un soutien diplomatique sur des dossiers sensibles (comme le Sahara occidental).

Mais cette coopération a un prix : l’Algérie doit accepter de jouer le rôle de gendarme de l’Europe, en échange d’une relative impunité sur les questions des droits de l’homme ou de la mémoire coloniale. C’est un marché de dupes, où chaque partie sait que l’autre ment, mais où personne n’a intérêt à rompre le jeu.

**Le Sahara occidental : quand la propagande devient politique**

L’Algérie, qui se présente comme un leader panafricain, voit dans le Sahara occidental un moyen de contrer l’hégémonie marocaine. Mais elle est aussi consciente que son propre modèle (un État centralisé, dépendant des hydrocarbures) n’est pas exportable. D’où son investissement dans les énergies renouvelables en Afrique subsaharienne (éolien, solaire), présenté comme une alternative aux projets marocains.

**Société algérienne : entre avancées féministes et conservatisme d’État**

**La femme algérienne dans la sphère publique : une révolution en trompe-l’œil**

Le problème est structurel : l’Algérie est un pays profondément patriarcal, où l’État lui-même instrumentalise la question féminine. D’un côté, il promeut l’émancipation des femmes pour se donner une image moderne. De l’autre, il tolère (voire encourage) les discours conservateurs qui limitent leur autonomie. Résultat : les femmes algériennes sont à la fois plus éduquées que jamais et plus contraintes que jamais par des normes sociales rétrogrades.

**La décennie noire : le tabou qui ne veut pas mourir**

Pourquoi ? Parce que la décennie noire n’est pas seulement une tragédie historique – c’est une blessure ouverte dans le récit national. Elle révèle les failles de l’État algérien (son autoritarisme, son incapacité à gérer la pluralité politique) et les limites de la société civile (son rejet de la violence, mais aussi sa complaisance envers les islamistes). En refusant d’en parler, l’Algérie se condamne à reproduire les mêmes erreurs.

**Sport et soft power : le handball comme miroir des ambitions algériennes**

**Le PSG Handball et la FAHB : quand le sport devient diplomatie**

Mais le vrai symbole, c’est le PSG Handball. Le club parisien, propriété de fonds qatariens, est un modèle pour l’Algérie : un mélange de capitalisme sportif, de sponsoring international et de médiatisation. Pourtant, derrière cette success story se cache une réalité moins reluisante : la dépendance aux sponsors étrangers (comme pour le PSG) et l’absence d’un véritable écosystème sportif local.

L’Algérie veut-elle devenir une puissance sportive ? Oui. Mais pour cela, il lui faudrait investir dans les infrastructures, former des entraîneurs, et surtout, cesser de voir le sport comme un simple outil de propagande.

**Logement et urbanisme : la ville comme champ de bataille politique**

**Hay Ryad et les "villes nouvelles" : le rêve brisé de la modernité**

Le 2nd Builders Confluence-2026, qui met l’innovation au cœur du bâtiment, est une bonne nouvelle. Mais sans planification urbaine cohérente, ces projets resteront des vitrines sans substance. Pire : ils serviront de justification à la spéculation immobilière, comme c’est déjà le cas à Alger ou Oran.

**Synthèse prospective : l’Algérie à la croisée des chemins**

L’Algérie est aujourd’hui à un moment charnière. Elle dispose d’atouts majeurs :
Une jeunesse éduquée et connectée, qui exige des comptes et des opportunités.
Des ressources naturelles abondantes, qui pourraient financer la transition énergétique.
Une position géostratégique en Méditerranée et en Afrique, qui en fait un partenaire incontournable.

Mais elle est aussi menacée par des dynamiques mortifères :
La dépendance aux hydrocarbures, qui la rend vulnérable aux chocs externes.
– **L’autor

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