L’ONU confirme l’énergie solaire 41% moins chère que les fossiles

Selon Euronews, un rapport récent des Nations Unies révèle que l’énergie solaire est désormais 41% moins chère que les combustibles fossiles. Cette annonce, publiée le 23 juillet 2025, marque un tournant dans la transition énergétique mondiale et offre des opportunités concrètes pour l’Algérie, pays riche en ressources solaires mais encore dépendant des hydrocarbures.

Un coût compétitif qui redéfinit les priorités énergétiques

Pour l’Algérie, cette donnée est cruciale. Le pays dispose d’un potentiel solaire parmi les plus élevés au monde, avec un ensoleillement moyen de 2 500 à 3 000 heures par an. Pourtant, selon les dernières statistiques du ministère de l’Énergie, les énergies renouvelables ne représentaient que 3% de la production électrique nationale en 2024. La compétitivité économique de l’énergie solaire pourrait accélérer les projets en cours, comme le programme national de développement des énergies renouvelables, qui vise 15 000 MW de capacité solaire d’ici 2035.

L'Algérie face à un choix stratégique

Cependant, des obstacles persistent. Le réseau électrique algérien, conçu pour une production centralisée, doit être adapté pour intégrer une production décentralisée d’énergie solaire. De plus, les subventions aux combustibles fossiles, qui maintiennent artificiellement bas les prix de l’électricité pour les ménages, freinent les investissements dans les renouvelables. Selon la Banque mondiale, ces subventions ont coûté plus de 14 milliards de dollars à l’Algérie en 2023, soit près de 7% du PIB.

Des opportunités pour l'industrie et l'emploi

Un autre enjeu est l’exportation d’électricité verte. L’Algérie, grâce à sa position géographique, pourrait devenir un fournisseur clé pour l’Europe, où la demande en énergie renouvelable est en forte croissance. Des projets comme le câble sous-marin entre l’Algérie et l’Italie, en discussion depuis plusieurs années, pourraient être relancés dans ce contexte. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’Afrique du Nord pourrait exporter jusqu’à 50 TWh d’électricité solaire par an d’ici 2030.

Les défis de la transition

Le rapport de l’ONU met également en lumière la nécessité de réformes politiques. La suppression progressive des subventions aux combustibles fossiles, recommandée par le FMI depuis plusieurs années, est un sujet sensible en Algérie. Une telle mesure pourrait entraîner une hausse des prix de l’électricité pour les ménages, avec des risques sociaux. Pourtant, selon Euronews, plusieurs pays, comme le Maroc ou l’Égypte, ont réussi à réduire ces subventions tout en développant leurs énergies renouvelables, grâce à des mécanismes de compensation ciblés.

Un signal pour les investisseurs

Pour tirer pleinement parti de cette opportunité, l’Algérie pourrait s’inspirer de modèles réussis, comme celui du Maroc, où la centrale solaire Noor Ouarzazate, l’une des plus grandes au monde, a été développée grâce à un partenariat public-privé. Une telle approche permettrait de partager les risques et d’accélérer les projets.

Vers une nouvelle donne énergétique

Les prochains mois seront décisifs. Le gouvernement algérien doit clarifier sa stratégie énergétique, notamment en matière de subventions et d’investissements. Les acteurs locaux, comme Sonatrach et Sonelgaz, pourraient jouer un rôle clé en s’associant à des partenaires internationaux pour développer des projets solaires à grande échelle. Enfin, la formation et la recherche doivent être renforcées pour préparer les compétences nécessaires à cette transition.

L’énergie solaire, 41% moins chère que les combustibles fossiles, n’est plus une promesse lointaine, mais une réalité économique. Pour l’Algérie, le moment est venu de transformer cette opportunité en levier de développement durable.

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