La Direction générale des impôts (DGI) a récemment rendu public un référentiel des prix de l’immobilier en Algérie, une mesure qui vise à encadrer les transactions et à lutter contre la fraude fiscale. Selon Algerie Eco, ce document fixe des valeurs de référence pour les biens immobiliers à travers le pays, en fonction de leur localisation, de leur superficie et de leur état. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de transparence et de régulation du marché, marqué par des écarts importants entre les prix déclarés et les montants réels des transactions.
Un outil pour réduire l’évasion fiscale
Les professionnels de l’immobilier, interrogés par le quotidien El Watan, soulignent que ce référentiel pourrait aussi stabiliser le marché en limitant les surévaluations artificielles. « Certains vendeurs gonflent les prix pour justifier des flux financiers non déclarés. Avec ce référentiel, les transactions devront s’aligner sur des valeurs réalistes », explique un agent immobilier basé à Hydra. Cependant, des inquiétudes persistent quant à l’application de cette mesure, notamment dans les zones où les prix fluctuent rapidement en raison de la spéculation.
Des défis d’application et des résistances
Un autre défi réside dans la mise à jour régulière des données. Le référentiel actuel repose sur des évaluations datant de 2022, et certains prix pourraient déjà être obsolètes dans des villes en pleine expansion comme Sétif ou Annaba. La DGI a annoncé qu’elle procéderait à des révisions annuelles, mais les professionnels réclament une actualisation plus fréquente pour refléter les dynamiques du marché. « À Alger, les prix peuvent varier de 20 % en six mois dans certains quartiers. Un référentiel figé ne servira à rien », estime un promoteur immobilier.
Impact sur les acquéreurs et les investisseurs
Cependant, certains investisseurs étrangers pourraient être découragés par cette mesure, perçue comme une rigidification du marché. Les Émirats arabes unis, par exemple, ont longtemps été des acteurs majeurs dans l’immobilier algérien, notamment dans les projets haut de gamme. Un rapport de Ilboursa.com note que ces investisseurs privilégient désormais des pays comme l’Égypte, où les régulations sont moins contraignantes. La DGI devra donc trouver un équilibre entre transparence et attractivité pour ne pas freiner les flux de capitaux étrangers.
Vers une régulation plus stricte du secteur
Les prochains mois seront cruciaux pour évaluer l’efficacité du référentiel. Si la DGI parvient à le faire respecter, il pourrait servir de modèle pour d’autres secteurs économiques. En revanche, s’il reste lettre morte, comme certaines lois fiscales passées, il risquerait de renforcer la défiance des citoyens envers les institutions. « La clé, c’est la rigueur dans l’application. Sans sanctions exemplaires, ce référentiel ne changera rien », conclut un économiste cité par El Moudjahid.