Le Burkina Faso a récemment accueilli la première édition du concours Start Up Challenge, une initiative portée par Moov Africa Burkina. Selon leFaso.net – L’actualité au Burkina Faso, ce programme a permis à 37 jeunes candidats de bénéficier d’une formation intensive en entrepreneuriat digital. Un modèle qui pourrait inspirer des dynamiques similaires en Algérie, où l’écosystème des start-up peine encore à se structurer malgré un potentiel humain et technologique indéniable.
Une formation ciblée pour les entrepreneurs en herbe
Cette approche pragmatique contraste avec certaines initiatives algériennes, où les formations en entrepreneuriat restent souvent théoriques. En Algérie, des programmes comme Algeria Startup Challenge ou Innov’Tech ont tenté de combler ce vide, mais leur impact reste limité par un manque de suivi post-formation et une faible intégration des acteurs privés. Moov Africa Burkina, en tant qu’opérateur télécoms, illustre ici comment les entreprises peuvent jouer un rôle actif dans l’accompagnement des jeunes talents, au-delà de leur cœur de métier.
L’Algérie face au défi de l’écosystème start-up
Ensuite, la question du financement. Au Burkina Faso, les lauréats du Start Up Challenge bénéficieront d’un accompagnement financier et technique pour concrétiser leurs projets. En Algérie, les fonds dédiés aux start-up, comme Algeria Venture ou Ansej, peinent à couvrir les besoins des entrepreneurs, notamment dans les phases de démarrage. Les jeunes porteurs de projets se tournent souvent vers des solutions informelles ou des investisseurs étrangers, faute de mécanismes locaux accessibles.
Un modèle à adapter aux réalités algériennes
1. Impliquer les opérateurs télécoms locaux : Djezzy, Mobilis et Ooredoo disposent de ressources humaines et financières pour lancer des programmes similaires. Leur expertise dans le digital et leur ancrage territorial en feraient des partenaires idéaux pour des formations ciblées.
2. Renforcer les partenariats public-privé : Les universités algériennes, comme l’USTHB ou l’ESI, pourraient collaborer avec des entreprises pour des formations en alternance, combinant théorie et pratique. Des exemples existent déjà, comme le partenariat entre Sonelgaz et l’École nationale polytechnique, mais ils restent trop rares.
3. Cibler les secteurs porteurs : Le Burkina Faso a mis l’accent sur des solutions adaptées à son marché, comme les services financiers mobiles ou l’agritech. En Algérie, des niches comme l’e-santé, la logistique ou les énergies renouvelables offrent des opportunités similaires, mais nécessitent un accompagnement spécifique.
Des défis communs, des solutions à mutualiser
Pourtant, des signes encourageants émergent. Des événements comme le Hackathon Algérois ou le Salon de l’Innovation montrent un intérêt croissant pour l’entrepreneuriat digital. Reste à transformer ces dynamiques ponctuelles en un écosystème durable, où formation, financement et accompagnement seraient accessibles à tous.
L’exemple de Moov Africa Burkina rappelle une évidence : l’innovation ne se décrète pas, elle se construit avec les acteurs du terrain. En Algérie, cela passe par une refonte des mécanismes de soutien, une plus grande implication des entreprises et une meilleure adéquation entre les formations proposées et les besoins réels du marché. Les 37 jeunes Burkinabè formés dans le cadre du Start Up Challenge ont désormais les outils pour concrétiser leurs projets. Leurs homologues algériens méritent les mêmes opportunités.