Revue de presse : Médias Algérie, Agriculture Algérie, Armée algérienne…

**L’Algérie, ou l’énigme d’un pays en suspens**

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’absence de hasard dans cette mosaïque. L’Algérie de Tebboune est un système où chaque secteur est à la fois un levier de contrôle et un champ de bataille symbolique. Les médias surveillent le Hirak tandis que le cinéma revisite La Bataille d’Alger ; l’agriculture exporte de la poudre de lait vers l’Europe pendant que les visas pour la Chine s’arrachent ; les partis d’opposition sont étouffés alors que la littérature berbère célèbre Yennayer. Derrière cette apparente fragmentation se cache une logique implacable : celle d’un État qui cherche à maîtriser le temps, à la fois en s’accrochant à son récit historique et en accélérant vers une modernité soigneusement encadrée.

**LA MACHINE À CONTRÔLER LES RÉCITS : MÉDIAS, ARMÉE ET CINÉMA**

Cette obsession du contrôle narratif trouve un écho troublant dans le traitement du film La Bataille d’Alger par Malek Bensmaïl. En revisitant ce classique du cinéma révolutionnaire, le réalisateur ne se contente pas de célébrer un chef-d’œuvre : il interroge la manière dont l’État algérien a, dès l’indépendance, verrouillé le récit de la guerre de libération pour en faire un mythe fondateur intouchable. Le film devient ainsi une métaphore de la relation ambiguë entre le pouvoir et la culture : l’Algérie célèbre son passé glorieux, mais seulement sous une forme édulcorée, expurgée de ses contradictions.

**L’armée, gardienne des symboles et des retraites**

Le cinéma algérien, lui, tente de s’affranchir de ce carcan. Le documentaire de Mohamed Laghdaf sur le Polisario, qui aurait « porté un coup dur » au mouvement séparatiste, montre comment le 7e art est devenu un champ de bataille géopolitique. En produisant des contenus qui défendent la position algérienne sur le Sahara occidental, l’État utilise le cinéma comme une arme de soft power – une tendance qui rappelle les films de propagande de l’ère Boumediene, mais adaptée à l’ère des réseaux sociaux.

**L’ÉCONOMIE, ENTRE SOUVERAINETÉ ET DÉPENDANCE : AGRICULTURE, IMPORTATIONS ET TRANSPORTS**

Cette dépendance aux exportations de matières premières (lait, huile d’olive, gaz) révèle une économie qui n’a jamais réussi sa diversification. Le rapport sur le marché de l’huile d’olive à l’horizon 2034, cité dans les actualités, est symptomatique : l’Algérie mise sur ses ressources naturelles pour financer sa modernisation, mais sans investir suffisamment dans les filières à haute valeur ajoutée. Résultat, le pays reste prisonnier d’un modèle extractiviste, où la rente pétrolière et gazière finance des infrastructures (comme la ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa) sans créer de véritable tissu industriel.

**Les visas pour la Chine : l’exode des compétences**

Cette fuite des cerveaux est d’autant plus préoccupante qu’elle contraste avec les ambitions affichées par l’État en matière de recherche scientifique. La conférence sur « How Natural Laws Define Human Life » ou la protection du patrimoine manuscrit algérien, évoquées dans les actualités, montrent une volonté de positionner l’Algérie comme un acteur culturel et scientifique. Mais comment concilier ces ambitions avec une économie qui pousse ses élites à l’exil ?

**CULTURE ET IDENTITÉ : LITTÉRATURE, CINÉMA ET ARTS ENTRE RÉSISTANCE ET INSTRUMENTALISATION**

**Le cinéma algérien, entre propagande et émancipation**

**LES PARTIS POLITIQUES : L’OPPOSITION ÉTOUFFÉE, LA FRANCE EN TÉMOIN**

Cette stratégie rappelle celle de la France vis-à-vis des disparus de la guerre d’indépendance. En s’ouvrant (timidement) à cette question, Paris offre à Alger une occasion de se poser en victime de l’histoire coloniale, tout en détournant l’attention des violations actuelles des droits de l’homme. La diplomatie algérienne excelle dans cet art de retourner les critiques contre leurs auteurs : quand l’Occident dénonce la répression, Alger répond par le chantage mémoriel (« Vous avez colonisé notre pays, vous n’avez pas de leçons à nous donner »).

**LES INFRASTRUCTURES : SYMBOLE D’UNE MODERNITÉ SOUS CONTRÔLE**

Le train, en reliant les zones pétrolières du Sud, facilite l’exploitation des ressources naturelles, mais ne profite guère aux populations locales, souvent marginalisées. Quant à l’e-paiement, il est encouragé par l’État pour lutter contre l’économie inform

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