Le New York Times a récemment intégré Oran dans sa liste annuelle des 52 destinations incontournables à travers le monde pour l’année 2026. Cette reconnaissance internationale place la capitale de l’Ouest algérien sous les projecteurs du tourisme mondial, aux côtés de métropoles comme Tokyo, Lisbonne ou Marrakech. Une distinction qui confirme les efforts déployés par les autorités locales et nationales pour repositionner l’Algérie comme une destination touristique compétitive.
Une sélection basée sur des critères exigeants
Cette sélection s’inscrit dans une tendance plus large : les médias internationaux redécouvrent l’Algérie après des décennies de sous-représentation. En 2024, le magazine National Geographic avait déjà classé Tlemcen parmi les « meilleures destinations pour les voyageurs en quête d’authenticité », tandis que Lonely Planet avait salué les potentialités du Sahara algérien. Pour Oran, cette visibilité arrive à un moment clé, alors que la ville s’apprête à accueillir des événements majeurs, comme les Jeux méditerranéens de 2026, reportés en raison de la pandémie.
Des retombées économiques et touristiques attendues
Les professionnels du secteur anticipent déjà un impact positif. « Cette distinction va permettre de corriger les idées reçues sur l’Algérie et de montrer qu’Oran est une ville sûre, moderne et pleine de vie », explique Samir Benkhaled, président de l’Association des hôteliers et restaurateurs d’Oran. Les infrastructures d’accueil, en pleine modernisation, pourraient bénéficier d’un coup de projecteur supplémentaire. Le complexe hôtelier Sheraton Oran, récemment rénové, et le futur aéroport international Ahmed Ben Bella, dont les travaux avancent, sont cités comme des atouts majeurs pour capter cette nouvelle clientèle.
Une stratégie de promotion à l’épreuve des réalités
Autre enjeu : la formation des professionnels du tourisme. « Il ne suffit pas d’avoir des sites magnifiques, il faut aussi des guides compétents et des services de qualité », souligne Leïla Hamidi, directrice d’une agence de voyage basée à Alger. L’École nationale supérieure du tourisme d’Alger (ENST) et les instituts de formation régionaux multiplient les partenariats avec des acteurs internationaux pour améliorer les standards, mais les résultats mettront du temps à se concrétiser.
Oran mise sur son patrimoine et son attractivité culturelle
La scène culturelle oranaise, déjà réputée pour son festival de raï, s’enrichit de nouveaux événements. Le Festival international du film méditerranéen, prévu pour octobre 2026, devrait attirer des réalisateurs et des acteurs du monde entier. Par ailleurs, la ville mise sur son héritage musical, avec la création d’un musée dédié au raï et à ses figures emblématiques, comme Cheb Khaled ou Cheb Mami.
Un signal pour l’ensemble du pays
Les voyagistes algériens commencent d’ailleurs à proposer des circuits combinant plusieurs villes, comme un parcours « Oran-Alger-Constantine » ou des séjours dans le Grand Sud, à la découverte des oasis de Djanet ou de Timimoun. « Les touristes qui viennent en Algérie veulent vivre une expérience immersive, pas seulement visiter des monuments », explique un agent de voyage interrogé par L’Expression.
Des attentes à la hauteur des défis
Les prochains mois seront décisifs. Si les retombées de cette distinction se concrétisent, Oran pourrait devenir un modèle pour le reste du pays. Dans le cas contraire, cette opportunité risque de s’évaporer, comme ce fut le cas par le passé avec d’autres classements ou annonces médiatiques. Une chose est sûre : pour la première fois depuis longtemps, l’Algérie est regardée avec intérêt par les grands médias touristiques. À elle de transformer l’essai.