La Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI) a émis cette semaine un avertissement urgent concernant des vulnérabilités majeures détectées dans la plateforme d’automatisation N8N. Selon un communiqué publié par Le360, ces failles exposent les utilisateurs algériens à des risques d’intrusion, de vol de données et de compromission de leurs infrastructures numériques.
Des vulnérabilités exploitées par des acteurs malveillants
Le ministère de la Défense nationale a rappelé que l’Algérie fait face à une recrudescence des cyberattaques depuis 2023, avec une augmentation de 40 % des incidents signalés à la DGSSI. Parmi les secteurs les plus touchés figurent les banques, les opérateurs télécoms et les infrastructures critiques, comme l’a révélé un rapport interne du ministère en début d’année.
Mesures d’urgence et recommandations
Le Centre national de réponse aux incidents de cybersécurité (CERT-DZ), sous l’égide de la DGSSI, a mis en place une cellule de crise pour accompagner les structures concernées. Selon une source proche du dossier, des audits de sécurité ont été lancés dans plusieurs ministères, dont ceux des Finances et de l’Énergie, où N8N est utilisé pour gérer des flux de données sensibles.
Un contexte régional tendu
La publication récente de la Stratégie nationale de cybersécurité par le ministère de la Défense nationale, en mars 2026, témoigne de la volonté des autorités de structurer une réponse coordonnée. Ce document, consulté par Le Courrier d’Algérie, prévoit notamment le renforcement des capacités de détection et de réponse aux incidents, ainsi que la création d’un cadre juridique pour sanctionner les cybercriminels.
Réactions des acteurs du secteur
Du côté des opérateurs télécoms, Algérie Télécom a indiqué avoir renforcé ses mécanismes de filtrage pour bloquer les tentatives d’exploitation des failles de N8N. « Nous travaillons en étroite collaboration avec la DGSSI pour identifier et neutraliser les menaces avant qu’elles n’atteignent nos clients », a déclaré un responsable de la sécurité des réseaux de l’entreprise.
Vers une souveraineté numérique renforcée
Pour l’instant, les autorités misent sur des partenariats avec des pays alliés pour accélérer le transfert de technologies. En 2025, l’Algérie a signé un accord de coopération avec la Chine dans le domaine de la cybersécurité, incluant la formation de 500 experts algériens et l’installation de centres de réponse aux incidents à Alger et Oran. Un autre accord, avec la Russie, prévoit la fourniture de solutions de protection des infrastructures critiques.
Prochaines étapes
En parallèle, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a lancé un appel à projets pour financer des recherches sur la cybersécurité, avec un accent particulier sur les solutions open source. « L’objectif est de réduire notre dépendance aux outils étrangers tout en renforçant notre résilience face aux cybermenaces », a déclaré le ministre Kamel Baddari lors d’une conférence récente.
Cette alerte rappelle que la cybersécurité n’est plus une option, mais une nécessité pour l’Algérie, alors que le pays accélère sa transformation numérique. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place et la capacité des acteurs locaux à s’adapter à un environnement de plus en plus hostile.