L’ancien président de la Fédération algérienne de football (FAF), Djahid Zefizef, a été placé en détention provisoire mardi 28 avril 2026, selon un communiqué publié par le Tribunal de Sidi M’hamed à Alger. Cette décision fait suite à une enquête ouverte par la Cour des comptes algérienne en collaboration avec la Gendarmerie nationale, portant sur des irrégularités financières présumées durant son mandat à la tête de l’institution.
D’après les informations relayées par TSA-Algérie, l’enquête vise plusieurs contrats signés entre 2022 et 2025, notamment ceux liés à l’organisation de compétitions internationales en Algérie et à la gestion des droits télévisuels. Les investigations auraient révélé des surfacturations et des manquements dans les procédures d’appel d’offres. Le parquet a requis l’écrouement de Zefizef pour « détournement de fonds publics, faux et usage de faux, et abus de fonction », des accusations que son avocat, Me Farid Khelifi, a qualifiées de « infondées » lors d’une brève déclaration à la presse.
Une présidence marquée par les polémiques
La Fédération avait également été critiquée pour sa gestion des infrastructures. Le projet de rénovation du stade du 5-Juillet à Alger, censé être achevé avant la CAN 2025, avait pris du retard, entraînant des surcoûts estimés à plus de 12 milliards de dinars. Selon un rapport interne cité par El Watan, ces retards auraient été causés par des « modifications répétées des cahiers des charges » et des « conflits d’intérêts » impliquant des entreprises proches de la direction de la FAF.
Réactions et conséquences pour le football algérien
Du côté des clubs, les réactions sont partagées. Le président de la Ligue professionnelle de football (LPF), Abdelkrim Medouar, a salué « une étape nécessaire pour assainir le football algérien », tandis que des figures comme le président de l’USM Alger, Sid Ahmed Arab, ont exprimé leur inquiétude quant à l’impact de cette affaire sur la stabilité du championnat. « Nous espérons que cette crise ne retardera pas davantage les réformes promises, notamment sur la professionnalisation des clubs », a-t-il déclaré à DZfoot.
Un intérim controversé
Madjer, figure emblématique du football algérien, a tenté de rassurer en déclarant que « la priorité est de préserver les compétitions nationales et les préparatifs de l’équipe nationale pour la Coupe du monde 2026 ». Pourtant, des sources proches du dossier ont confié à Jeune Afrique que le comité intérimaire peine à obtenir les fonds nécessaires pour organiser les matchs amicaux prévus en juin 2026. « Les sponsors se montrent réticents, et les banques bloquent les comptes de la FAF en attendant les résultats de l’enquête », a expliqué un cadre de la Fédération.
L’équipe nationale dans l’incertitude
Le sélectionneur Vladimir Petković, dont la liste pour les matchs de mars 2026 a été dévoilée par DZfoot, devra composer avec un effectif affaibli par les blessures de joueurs clés comme Riyad Mahrez et Ismaël Bennacer. « Cette période est difficile, mais nous devons nous concentrer sur le terrain », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Pourtant, plusieurs joueurs, sous couvert d’anonymat, ont exprimé leur frustration dans les colonnes de L’Équipe : « On a l’impression que le football est devenu secondaire. Tout le monde ne parle que des affaires judiciaires. »
Vers une refonte du système ?
Des voix s’élèvent pour une refonte complète du mode de gestion de la FAF, avec notamment l’instauration d’un système de parrainage privé pour les clubs et une plus grande autonomie vis-à-vis des institutions publiques. « Le football algérien a besoin de professionnels, pas de politiciens », résume Nabil Djellit, chroniqueur à L’Équipe, dans un récent billet. Pour l’instant, une chose est sûre : l’écrouement de Djahid Zefizef marque un tournant, mais le chemin vers la stabilité reste long.