L’équipe nationale algérienne de basket-fauteuil s’apprête à défendre son titre continental lors du Championnat d’Afrique qui se déroulera prochainement à Luanda, en Angola. Selon L’Algérie Aujourd’hui, les joueurs algériens, déjà sacrés champions d’Afrique en 2022, visent un doublé historique sur les terres angolaises. Une ambition qui s’inscrit dans une dynamique de progression constante pour ce sport paralympique en Algérie.
Les Fennecs du basket-fauteuil, dirigés par l’entraîneur national Abdelkrim Bouzidi, ont entamé leur préparation avec une série de stages intensifs à Alger et Oran. La Fédération algérienne handisport (FAH) a mis les moyens pour assurer une logistique optimale, avec des équipements adaptés et un encadrement médical renforcé. « Notre objectif est clair : conserver notre titre et nous qualifier pour les Jeux Paralympiques de Los Angeles en 2028 », a déclaré Bouzidi à la presse locale.
Le tournoi de Luanda regroupera les meilleures équipes du continent, dont l’Angola, hôte et finaliste en 2022, le Maroc, l’Égypte et le Nigeria. L’Algérie, qui avait dominé la compétition il y a deux ans en battant l’Angola en finale (68-54), partira favorite, mais devra composer avec une concurrence de plus en plus relevée. « Les équipes africaines progressent rapidement, et chaque match sera un défi », a souligné le capitaine de l’équipe, Samir Belhocine, lors d’une conférence de presse organisée par la FAH.
Une discipline en plein essor en Algérie
Le basket-fauteuil connaît un développement notable en Algérie, porté par des infrastructures dédiées et une politique de détection des talents. Le complexe sportif de Sidi Moussa, à Alger, abrite depuis 2021 un centre de formation spécialisé, où une vingtaine de jeunes athlètes s’entraînent quotidiennement. « Nous avons mis en place un programme de détection dans les wilayas pour identifier les jeunes talents et leur offrir un encadrement de qualité », explique le président de la FAH, Mohamed Larbi Ould Khelifa, dans un entretien accordé à El Moudjahid.
La Fédération a également renforcé ses partenariats avec des clubs locaux, comme le MC Alger et le CRB Alger, pour faciliter l’intégration des joueurs en situation de handicap dans le tissu sportif national. « L’objectif est de créer une filière complète, de la formation à la compétition internationale », ajoute Ould Khelifa. Ces efforts portent leurs fruits : l’Algérie compte désormais une dizaine de clubs actifs dans cette discipline, contre seulement trois il y a cinq ans.
Un enjeu paralympique
Au-delà du titre continental, la compétition de Luanda revêt une importance stratégique pour la qualification aux Jeux Paralympiques de 2028. Seules les deux premières équipes du tournoi obtiendront leur billet pour Los Angeles. L’Algérie, qui avait manqué de peu une médaille aux Jeux de Tokyo en 2021 (4e place), mise sur cette échéance pour franchir un nouveau palier.
« Nous avons analysé nos erreurs à Tokyo et travaillé sur nos points faibles, notamment en défense et en gestion des fins de match », confie l’entraîneur Abdelkrim Bouzidi. L’équipe algérienne, composée de joueurs expérimentés comme Belhocine et de jeunes talents comme le pivot Yacine Benali, affiche une cohésion renforcée après plusieurs stages à l’étranger, notamment en Espagne et en France.
Le soutien des sponsors et des institutions
La préparation de l’équipe nationale a bénéficié du soutien de plusieurs partenaires, dont Sonelgaz et Algérie Télécom, qui ont apporté un financement crucial pour les stages et les déplacements. « Sans le soutien des sponsors et des institutions, nous ne pourrions pas viser ces objectifs », reconnaît le président de la FAH. Le ministère de la Jeunesse et des Sports a également joué un rôle clé en facilitant les démarches administratives pour les déplacements à l’étranger.
Sur le plan médiatique, la compétition de Luanda sera couverte par la chaîne publique ENTV, qui diffusera les matchs de l’Algérie en direct. Une visibilité qui devrait contribuer à populariser davantage le basket-fauteuil dans le pays. « Nous voulons que les Algériens découvrent ces athlètes exceptionnels et se reconnaissent en eux », souligne un responsable de la FAH.
Un défi logistique et sportif
Le déplacement à Luanda représente un défi logistique pour la délégation algérienne, qui devra transporter du matériel spécifique, comme les fauteuils de compétition, souvent fabriqués sur mesure. « Chaque fauteuil pèse environ 10 kg et coûte près de 3 000 euros. Nous devons nous assurer qu’ils arrivent en parfait état », explique un membre du staff technique.
Sur le plan sportif, l’Algérie devra composer avec l’altitude de Luanda, située à près de 1 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. « Nous avons adapté notre préparation pour habituer les joueurs à ces conditions », précise le médecin de l’équipe, Dr. Karim Meziane. Les joueurs ont notamment effectué un stage en altitude à Tizi Ouzou pour se préparer à cette contrainte.
Les adversaires à surveiller
Si l’Algérie part favorite, plusieurs équipes pourraient jouer les trouble-fêtes. L’Angola, finaliste en 2022, bénéficie de l’avantage du terrain et d’un public très mobilisé. « Jouer à Luanda sera difficile, mais nous avons l’habitude des atmosphères hostiles », tempère Samir Belhocine. Le Maroc, qui a renforcé son équipe avec des joueurs évoluant en Europe, et l’Égypte, toujours redoutable en Afrique, seront également des adversaires coriaces.
« Nous respectons nos adversaires, mais nous avons confiance en notre jeu », affirme Abdelkrim Bouzidi. L’entraîneur mise sur un collectif solide et une défense agressive pour contrer les attaques adverses. « Notre force réside dans notre cohésion et notre capacité à nous adapter », ajoute-t-il.
Un symbole pour le sport paralympique algérien
Au-delà des résultats, la performance de l’équipe algérienne à Luanda pourrait servir de catalyseur pour le développement du sport paralympique dans le pays. « Ces athlètes sont des modèles pour des milliers de jeunes en situation de handicap », estime le sociologue du sport, Dr. Rachid Aït Ouali. « Leur succès peut briser des barrières et encourager plus de personnes à pratiquer un sport. »
La FAH a d’ailleurs lancé une campagne de sensibilisation dans les écoles et les centres de rééducation pour promouvoir le basket-fauteuil. « Nous voulons montrer que le handicap n’est pas un frein à la pratique sportive », explique Mohamed Larbi Ould Khelifa. Plusieurs joueurs de l’équipe nationale, comme Samir Belhocine, interviennent régulièrement dans des établissements pour partager leur expérience.
Un objectif : les Jeux de 2028
Pour l’Algérie, le Championnat d’Afrique de Luanda n’est qu’une étape vers un objectif plus ambitieux : briller aux Jeux Paralympiques de Los Angeles en 2028. « Nous visons une médaille, et pour cela, nous devons commencer par gagner à Luanda », résume Abdelkrim Bouzidi. Une victoire en Angola permettrait à l’équipe de se qualifier directement pour les Jeux, tout en envoyant un message fort à la concurrence internationale.
« Les Jeux de 2028 sont notre horizon, mais nous restons concentrés sur le présent », tempère Samir Belhocine. « Chaque match compte, et nous devons tout donner pour défendre nos couleurs. » Si l’Algérie parvient à conserver son titre continental, ce serait une première dans l’histoire du basket-fauteuil africain, et un pas de plus vers la reconnaissance internationale.
La compétition débutera dans les prochains jours, et les yeux des amateurs de sport algérien seront tournés vers Luanda. Une occasion de célébrer le courage et le talent de ces athlètes qui, malgré les obstacles, repoussent sans cesse les limites du possible.