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**L’Algérie à l’épreuve du temps : un pays en tension entre deux récits**
L’Algérie contemporaine se débat dans une contradiction fondamentale, aussi vieille que son indépendance : comment concilier l’urgence de la modernisation technologique et économique avec les pesanteurs d’un système politique et social qui, malgré ses réformes, reste ancré dans des logiques rentières et centralisatrices ? Les actualités de ces dernières semaines dessinent une carte en mouvement, où se superposent des dynamiques prometteuses et des blocages systémiques. Le pays avance, mais en crabe – avec une main qui signe des contrats pharaoniques pour la 5G ou les énergies renouvelables, et une autre qui serre les freins sur les libertés académiques ou l’autonomie des territoires.
Cette revue de presse ne se contentera pas d’aligner les faits : elle cherchera les fils rouges qui relient ces domaines apparemment disjoints, révélant une Algérie schizophrène, où l’innovation côtoie l’immobilisme, où la diversification économique se heurte à la persistance d’un État-providence pétrolier, et où la diaspora, à la fois courtisée et suspectée, incarne à elle seule les espoirs et les frustrations d’une nation en quête d’un nouveau souffle.
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**## La 5G et l’illusion du rattrapage technologique : quand l’Algérie joue à saute-mouton**
Un mois après son lancement, la 5G algérienne est déjà un symbole. Symbole d’une volonté affichée de modernisation – l’Algérie rejoint enfin le club restreint des pays africains dotés de cette technologie –, mais aussi d’un retard structurel qui ne se comble pas par décret. Les résultats consolidés des opérateurs au 30 septembre 2025 montrent une adoption timide, malgré les investissements colossaux. Pourquoi ?
D’abord, parce que la 5G n’est pas une fin en soi, mais un outil. Or, l’Algérie manque cruellement d’écosystèmes capables d’exploiter son potentiel : pas assez de startups deep tech, une administration encore largement analogique, et une fracture numérique qui persiste entre les grandes villes et les zones rurales. Le contraste est saisissant avec la Tunisie, dont le déficit énergétique fait les gros titres, mais qui mise sur les énergies renouvelables et les smart grids pour accompagner sa transition numérique. L’Algérie, elle, semble croire que la technologie suffira à elle seule à combler ses retards, sans s’attaquer aux verrous bureaucratiques et éducatifs qui étouffent l’innovation.
Ensuite, la 5G algérienne est un miroir de la dépendance technologique du pays. Les infrastructures sont largement importées, et les opérateurs locaux peinent à développer des usages locaux. Où sont les applications algériennes pour la télémédecine, l’agriculture de précision ou la logistique intelligente ? Le pays reste un consommateur passif de technologies conçues ailleurs, alors même que sa jeunesse regorge de talents en ingénierie et en développement logiciel. La 5G, en somme, est un pari risqué : elle peut accélérer la modernisation… ou creuser un peu plus la dépendance.
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**## Transition énergétique : le mirage des milliards et la réalité des choix politiques**
La transition énergétique algérienne est un cas d’école de la dissonance entre les discours et les actes. D’un côté, des annonces tonitruantes : les Émirats investissent des milliards dans le Maghreb (sans préciser si l’Algérie en bénéficiera directement), le secteur des Postes et Télécommunications fait de la transition énergétique une « priorité », et le pays mise sur les énergies renouvelables pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures. De l’autre, une réalité bien moins reluisante.
D’abord, le déficit énergétique tunisien – qui fait les gros titres – est un avertissement pour l’Algérie. La Tunisie, bien que moins dotée en ressources naturelles, a su développer des partenariats innovants pour sécuriser son approvisionnement. L’Algérie, elle, reste prisonnière de son modèle rentier : 90% de ses exportations dépendent encore des hydrocarbures, et les investissements dans les renouvelables (solaire, éolien) progressent à un rythme d’escargot. Le cas de Schlumberger, rebaptisé SLB, est emblématique : cette entreprise, historiquement liée à l’industrie pétrolière, se reconvertit dans les technologies vertes… mais l’Algérie, elle, continue de signer des contrats pour l’exploration de nouveaux gisements de gaz.
Ensuite, la transition énergétique algérienne est avant tout une affaire de communication. Les grands projets structurants (comme la nouvelle ligne ferroviaire ou les bus Yutong) sont présentés comme des symboles de modernité, mais leur bilan carbone reste désastreux : ces infrastructures sont souvent construites avec des matériaux importés, et leur alimentation électrique dépend encore largement des centrales à gaz. L’Algérie parle de « transition », mais agit comme si la rente pétrolière était éternelle.
Enfin, il y a l’angle géopolitique. Les investissements émiratis dans le Maghreb pourraient bien être une tentative de contourner l’Algérie, perçue comme un partenaire peu fiable en raison de son instabilité politique et de ses tensions avec la France. Les Émirats misent sur le Maroc (avec le développement de Dakhla) et la Tunisie pour créer des hubs énergétiques alternatifs. L’Algérie, elle, reste enfermée dans une logique de souveraineté énergétique qui, paradoxalement, la rend plus vulnérable aux fluctuations des marchés.
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**## Innovation et diversification : le grand écart entre les projets pharaoniques et la réalité des PME**
L’Algérie aime les grands projets. La nouvelle ligne ferroviaire, présentée comme « l’un des plus grands projets stratégiques de l’histoire de l’Algérie indépendante », en est l’archétype. Tout comme les bus Yutong, censés « révolutionner » le transport en commun. Ces initiatives sont spectaculaires, médiatisées, et donnent l’illusion d’une économie en mouvement. Mais derrière ces vitrines, que se passe-t-il vraiment ?
D’abord, ces projets sont souvent conçus comme des démonstrations de puissance, plutôt que comme des leviers de développement endogène. La ligne ferroviaire, par exemple, reliera des villes déjà bien desservies, sans désenclaver les zones rurales ou les bassins industriels en difficulté. Les bus Yutong, eux, sont importés de Chine – une aubaine pour les constructeurs étrangers, mais un désastre pour les PME locales, incapables de rivaliser. Où sont les usines algériennes de bus électriques ? Où sont les partenariats public-privé pour développer des solutions de mobilité durable ?
Ensuite, la diversification économique reste un vœu pieux. Le projet de mine de phosphate intégré de Bled El Hadba, présenté comme une avancée majeure, illustre cette ambiguïté. Le phosphate est une ressource stratégique, mais son exploitation dépendra largement de capitaux étrangers (notamment chinois) et de technologies importées. L’Algérie extrait, mais ne transforme pas : elle reste un fournisseur de matières premières, sans créer de valeur ajoutée locale. Le contraste avec le Maroc, qui mise sur la qualité et l’innovation dans son secteur agricole, est frappant. Le royaume chérifien a compris que la diversification passait par l’agro-industrie et les biotechnologies – des secteurs où l’Algérie brille par son absence.
Enfin, les PME algériennes, censées être le fer de lance de la diversification, étouffent sous le poids de la bureaucratie et du manque de financement. Les startups, elles, peinent à décoller, comme le souligne un expert : « L’innovation algérienne est bridée par un écosystème qui favorise les rentes plutôt que le mérite. » Les incubateurs existent, mais ils sont souvent des coquilles vides, sans accès aux marchés publics ou aux investisseurs étrangers. L’Italie, qui relance son partenariat économique avec l’Algérie, mise sur les PME et les startups – mais ces dernières restent marginalisées dans les grands contrats.
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**## La Bourse d’Alger et les étudiants en France : les deux visages de la dépendance**
La Bourse d’Alger est un thermomètre de l’économie algérienne : atone, peu liquide, et largement dominée par les entreprises publiques. Pourtant, elle pourrait être un levier de financement pour les PME et les startups. Pourquoi ne l’est-elle pas ? Parce que l’Algérie reste prisonnière d’un modèle où l’État est à la fois acteur et régulateur, étouffant toute velléité d’autonomie du secteur privé.
Cette dépendance à l’État se retrouve dans le traitement réservé aux étudiants algériens en France. La « double peine » des APL et des titres de séjour, dénoncée par les médias, est symptomatique d’une relation franco-algérienne aussi passionnelle que toxique. Macron durcit le ton face à l’Algérie, accusée de jouer un double jeu sur les questions migratoires et sécuritaires. Résultat : les étudiants algériens, autrefois courtisés, sont désormais perçus comme une charge. L’Europe, elle, leur tend la main – mais à quel prix ? Les pays du Nord cherchent avant tout à attirer les cerveaux, sans s’engager sur un véritable partenariat éducatif avec l’Algérie.
Cette situation révèle une contradiction majeure : l’Algérie forme des ingénieurs, des médecins et des chercheurs de haut niveau, mais ne parvient pas à les retenir. La diaspora, elle, est à la fois une richesse et un sujet de méfiance. Le Africa Diaspora Festival célèbre les cultures africaines, mais l’État algérien continue de voir les émigrés comme des « opportunistes » plutôt que comme des acteurs du développement. Pourtant, la diaspora algérienne est un pont naturel vers l’Europe, l’Amérique du Nord et le Golfe – un pont que le pays refuse d’emprunter pleinement.
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**## Élections 2025 : Tebboune, le roi nu d’un système à bout de souffle**
Les élections algériennes de 2025 s’annoncent comme une mascarade démocratique. Abdelmadjid Tebboune, déjà donné vainqueur, incarne à lui seul les limites du système : un président affaibli par la maladie, entouré d’une nomenklatura vieillissante, et incapable de proposer une vision mobilisatrice pour l’Algérie. Les déclarations des animateurs de campagne sont un mélange de langue de bois et de promesses creuses – « stabilité », « continuité », « souveraineté » – des mots qui sonnent creux après des décennies de gestion opaque.
Pourtant, ces élections pourraient être un moment charnière. L’Algérie est à la croisée des chemins : soit elle s’engage dans une véritable refonte de son modèle économique et politique, soit elle s’enfonce dans une crise sociale et identitaire. Le rejet du budget de la sécurité sociale par la France, évoqué par Sébastien Lecornu, est un signe avant-coureur : l’Algérie ne