Le président Abdelmadjid Tebboune a présidé récemment l’ouverture du séminaire national sur la Stratégie nationale de cybersécurité, marquant une étape décisive pour la protection des infrastructures numériques algériennes. L’événement, organisé par le ministère de la Défense nationale, a réuni des responsables militaires, des experts en sécurité informatique et des représentants d’institutions publiques et privées. Selon le communiqué officiel publié sur le site mdn.dz, cette initiative vise à renforcer la résilience du pays face aux cybermenaces croissantes.
Une réponse aux risques numériques
Le ministère de la Défense nationale a souligné que la stratégie nationale de cybersécurité s’articule autour de trois axes principaux : la protection des infrastructures critiques, la formation des compétences locales et la coopération internationale. L’objectif est de doter l’Algérie d’un cadre juridique et technique capable de répondre aux défis posés par les cyberattaques, notamment celles visant les secteurs de l’énergie, des télécommunications et des finances.
Des mesures concrètes pour une Algérie cyber-résiliente
Le séminaire a également abordé la question de la souveraineté numérique. Tebboune a insisté sur l’importance de développer des solutions locales pour réduire la dépendance aux technologies étrangères. Des entreprises algériennes comme Condor Electronics et Cevital ont été citées comme des acteurs clés dans ce domaine, avec des projets visant à produire des équipements de sécurité informatique made in Algeria.
Une coopération internationale renforcée
Par ailleurs, l’Algérie participe activement à des forums régionaux pour échanger des bonnes pratiques. En juin 2026, lors du Forum méditerranéen de l’enseignement technique et professionnel en Égypte, des représentants algériens ont présenté des initiatives visant à intégrer la cybersécurité dans les programmes de formation professionnelle. El Moudjahid a rapporté que ces échanges ont permis de nouer des partenariats avec des pays comme la Tunisie et le Maroc, pour une approche coordonnée face aux cybermenaces.
Les défis à relever
Un autre défi concerne le cadre juridique. Bien que l’Algérie dispose d’une loi sur la cybersécurité depuis 2018, son application reste limitée. Des experts estiment que des amendements sont nécessaires pour renforcer les sanctions contre les cybercriminels et clarifier les responsabilités des acteurs publics et privés. Le Burkina Faso, cité par We are Tech, a récemment adopté une loi similaire, inspirant des discussions en Algérie pour une mise à jour de son arsenal juridique.
Un secteur en pleine expansion
Le développement du e-commerce, boosté par des plateformes comme Jumia, nécessite également une sécurisation accrue des transactions en ligne. En novembre 2024, Jumia a lancé son Black Friday en Algérie, générant un volume record de ventes, mais aussi une hausse des tentatives de fraude. La Nouvelle République Algérie a rapporté que des mesures supplémentaires ont été mises en place pour protéger les consommateurs, en collaboration avec les banques et les autorités.
Vers une souveraineté numérique
Selon TechCabal, l’Algérie adopte une position prudente sur les cryptomonnaies, contrairement à des pays comme le Nigeria ou le Kenya, qui les ont légalisées. Le gouvernement algérien étudie actuellement un cadre réglementaire pour encadrer leur usage, tout en protégeant les citoyens contre les risques de fraude et de blanchiment d’argent.
La cybersécurité n’est plus une option, mais une nécessité pour l’Algérie. Avec une stratégie claire, des partenariats solides et une volonté politique affirmée, le pays se donne les moyens de devenir un acteur résilient dans le cyberespace. Les prochains mois seront décisifs pour la mise en œuvre des mesures annoncées et l’évaluation de leur impact sur la protection des infrastructures et des données algériennes.