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**L’Algérie en mouvement : une cohérence sous tension**
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**La Chine, miroir et mirage de la souveraineté algérienne**
La réponse se niche dans les détails. Le partenariat sino-algérien se matérialise par des investissements dans les infrastructures (tramways, 5G, zones industrielles), mais aussi par une dépendance accrue aux capitaux et aux technologies chinoises. La Banque mondiale, dans son rapport sur les exportations hors hydrocarbures, souligne que l’Algérie pourrait atteindre 29 milliards de dollars d’exportations d’ici 2030… à condition de diversifier ses partenaires. Or, la Chine représente déjà 18 % des importations algériennes, contre 10 % pour l’Union européenne. Le risque ? Une substitution de dépendance : moins de pétrole russe ou européen, plus de dettes et de brevets chinois.
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**Numérique : la révolution en trompe-l’œil**
Cette frénésie numérique cache une réalité plus crue : l’Algérie forme des ingénieurs, mais peine à les retenir. Les annonces sur la « puissance maïeutique » des projets artistiques pour la formation professionnelle sonnent comme un aveu d’échec. Comment parler de compétence langagière quand le système éducatif algérien, miné par le clientélisme et le manque de moyens, produit des diplômés sous-employés ? Le campus numérique d’Angoulême, cité en exemple, est une goutte d’eau dans un océan de besoins. La digitalisation, si elle n’est pas accompagnée d’une refonte profonde de l’éducation et de la gouvernance, ne sera qu’un vernis technocratique.
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**Logement et mobilité : les symptômes d’une société à deux vitesses**
Le « chèque alimentaire 2026 », annoncé avec tambours et trompettes, est un aveu d’impuissance. Dans un pays où le salaire moyen ne dépasse pas 40 000 dinars (270 euros), comment justifier que l’État doive subventionner la nourriture de base ? La réponse est simple : l’Algérie n’a pas résolu la question foncière. Les prix de l’immobilier, dopés par la spéculation et la corruption, excluent une large partie de la population. Les nouvelles règles sur les véhicules importés visent à protéger l’industrie locale, mais elles risquent d’aggraver la pénurie de moyens de transport décents. Résultat : les Algérois passent en moyenne deux heures par jour dans les embouteillages, tandis que les classes moyennes s’endettent pour acheter des logements surévalués.
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**Sport et médias : le miroir déformant de la nation**
Les médias, eux, jouent un rôle ambigu. D’un côté, ils célèbrent les « 29 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures » comme une victoire ; de l’autre, ils minimisent les échecs. Le bilan des quatre ans de Tebboune, dressé par les journaux officiels, est un exercice d’autosatisfaction. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : le chômage des jeunes dépasse les 30 %, et l’inflation ronge le pouvoir d’achat. Les exportations de tomates cerise, présentées comme un succès, ne pèsent rien face aux 90 % des recettes d’exportation que représentent encore les hydrocarbures.
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**Élections : le théâtre des illusions**
Pourtant, cette stabilité apparente cache une fragilité profonde. L’Algérie n’a pas connu de printemps arabe en 2011, mais le Hirak de 2019 a montré que la colère sociale pouvait resurgir. Le régime a survécu en jouant sur la peur du chaos, mais cette stratégie a un coût : une jeunesse désabusée, une économie en sursis, et une classe dirigeante vieillissante. Les élections ne sont plus qu’un rituel, un moyen de légitimer un système qui n’a plus de projet collectif à proposer.
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**Prospective : l’Algérie à la croisée des chemins**
Scénario 1 : La voie chinoise (ou la modernisation autoritaire)
Dans cette hypothèse, l’Algérie s’inspire de Pékin en centralisant le pouvoir, en muselant les contre-pouvoirs et en misant sur les infrastructures et la technologie pour relancer la croissance. La digitalisation bancaire, la 5G et les partenariats sino-algériens en seraient les piliers. Mais ce modèle a un prix : une surveillance accrue, une réduction des libertés, et une économie toujours dépendante des matières premières. L’Algérie deviendrait une « puissance moyenne », mais au détriment de sa cohésion sociale.
Scénario 2 : La voie européenne (ou la transition démocratique)
Ici, l’Algérie s’engagerait dans une libéralisation progressive, avec des réformes structurelles (éducation, justice, économie) et une ouverture politique. Les exportations hors hydrocarbures, la formation professionnelle et les investissements étrangers seraient les moteurs de cette transition. Mais ce scénario suppose un bouleversement des équilibres actuels : une classe dirigeante prête à partager le pouvoir, une société civile capable de peser sur les décisions, et une jeunesse éduquée et mobilisée. Risque majeur : l’instabilité, comme en Tunisie post-2011.
Scénario 3 : L’effritement (ou la stagnation par défaut)
Le scénario le plus probable, hélas. L’Algérie continue à naviguer entre réformes inabouties et immobilisme, entre discours modernisateurs et pratiques clientélistes. Les exportations hors hydrocarbures progressent, mais trop lentement. La digitalisation avance, mais sans toucher les couches populaires. Le régime survit, mais sans légitimité. Ce scénario mène à une lente dégradation, où les tensions sociales s’accumulent jusqu’à l’explosion.
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**Conclusion : l’urgence d’un nouveau contrat social**
1. Une refonte de l’éducation et de la formation, pour que la digitalisation ne soit pas réservée à une élite.
2. Une véritable diversification économique, qui ne se limite pas aux exportations de tomates cerise, mais qui intègre l’industrie, les services et l’innovation.
3. Un nouveau pacte politique, où les élections ne seraient plus des mascarades, mais des moments de débat démocratique.
L’Algérie a les moyens de ses ambitions. Mais elle doit d’abord choisir : veut-elle être un pays émergent, ou un État rentier en déclin ? La réponse déterminera son avenir pour les décennies à venir.