La hausse brutale du prix du son de blé, composant clé de l’alimentation animale, menace la filière ovine en Algérie. Selon tsa-algerie.com, les éleveurs font face à une flambée des coûts qui met en péril leur rentabilité et pourrait réduire l’offre de viande ovine sur le marché local.
Une envolée des prix sans précédent
Les éleveurs des wilayas de Tiaret, Saïda et M’Sila, principales zones d’élevage ovin, tirent la sonnette d’alarme. « Nous achetons le son à crédit, mais les prix actuels rendent l’activité non viable », témoigne Mohamed Belkacem, éleveur à Tiaret. La Fédération nationale des éleveurs ovins (FNEO) confirme que certains petits producteurs ont déjà réduit leurs cheptels faute de pouvoir assumer les coûts.
L'État entre soutien et ajustements
Parallèlement, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a lancé des appels d’offres pour importer 500 000 tonnes de son de blé d’ici fin 2025. Cependant, les délais de livraison et les prix internationaux, indexés sur les cours du blé, limitent l’efficacité de cette solution. « Les importations ne régleront pas le problème structurel de dépendance aux marchés extérieurs », analyse un expert en économie agricole à l’Université d’Alger.
Risque sur l'approvisionnement en viande ovine
Les consommateurs algériens, déjà touchés par l’inflation, pourraient voir le prix du kilogramme de viande ovine dépasser les 1 800 DA, contre 1 200 DA en moyenne en 2024. « Si rien n’est fait, nous risquons une pénurie partielle lors des fêtes religieuses », avertit un grossiste en viande à Alger.
Vers une diversification des sources d'alimentation ?
Des projets pilotes, comme la culture de luzerne dans les wilayas du Sud, sont en cours, mais leur impact reste marginal à court terme. La crise actuelle révèle aussi les faiblesses du système de stockage et de distribution des aliments pour bétail, souvent concentré entre les mains d’un petit nombre d’intermédiaires.
Un secteur stratégique en tension
Les autorités algériennes sont conscientes des enjeux : le Premier ministre a annoncé la création d’un comité interministériel pour suivre la situation. « Nous travaillons sur des solutions durables, comme l’augmentation des surfaces irriguées pour les cultures fourragères », a déclaré un responsable du ministère de l’Agriculture.
Pour l’heure, les éleveurs attendent des mesures concrètes pour éviter une hémorragie du cheptel. Sans intervention plus ambitieuse, la filière ovine algérienne pourrait subir une restructuration brutale, avec des conséquences sociales et économiques majeures.