Revue de presse : Infrastructure Algérie, Irrigation Algérie, Armée algérienne…

**L’Algérie face à son miroir brisé : entre modernisation autoritaire et inerties structurelles**

L’Algérie contemporaine ressemble à ces palais ottomans dont les fondations, minées par l’humidité, soutiennent encore des façades fraîchement repeintes. Les actualités de ces dernières semaines dessinent un pays en tension permanente entre deux forces : une volonté affichée de modernisation technocratique, portée par un État stratège, et une réalité sociale, économique et institutionnelle qui résiste, se cabre, ou simplement s’effrite. Ces dix domaines d’actualité ne sont pas des îlots isolés, mais les symptômes d’un même syndrome : celui d’une nation qui cherche désespérément son équilibre entre souveraineté, développement et démocratie – sans jamais trancher.

Derrière les annonces triomphales (la 5G, les startups, l’industrie militaire) et les cris d’alarme (salinisation des sols, crise hospitalière, immobilier spéculatif), se cache une question philosophique : l’Algérie est-elle en train de construire un avenir, ou de colmater les brèches d’un présent qui lui échappe ? Pour y répondre, il faut accepter de lire ces actualités comme les pièces d’un puzzle dont les bords ne coïncident pas – et dont le centre, vide, est occupé par une question lancinante : qui gouverne vraiment l’Algérie ?

**1. L’État stratège et ses chantiers pharaoniques : ports, armées et 5G, ou l’art de la souveraineté sélective**

L’Algérie a fait du concept de souveraineté son mantra depuis 2019, et les actualités récentes en sont la traduction concrète. Trois domaines illustrent cette obsession : les infrastructures portuaires, l’industrie militaire, et le déploiement de la 5G. Pourtant, cette souveraineté est sélective – elle s’exerce là où l’État peut encore imposer sa volonté, mais s’effrite dès qu’il s’agit de déléguer ou de réformer en profondeur.

**Les ports : le talon d’Achille géoéconomique**

La Méditerranée, cette « mare nostrum » européenne, a tourné le dos à ses voisins du Sud. L’Europe, obsédée par sa transition verte et ses corridors logistiques, oublie que l’Algérie reste un hub énergétique et humain incontournable. Mais l’Algérie, elle, n’a pas su – ou pas voulu – capitaliser sur cette position. Résultat : elle subit les conséquences de sa propre inertie, tout en accusant le Maroc et l’Europe de « complot ».

**L’armée : le vrai pouvoir, entre héritage révolutionnaire et capitalisme d’État**

Son discours sur la « montée en puissance » est un leurre. Une armée moderne ne se mesure pas seulement à ses chars ou ses drones, mais à sa capacité à innover hors de son pré carré. Or, l’ANP reste prisonnière de son héritage : celui d’une institution née dans la guerre d’indépendance, qui a étendu son emprise sur l’économie civile sans jamais accepter de se soumettre aux règles du marché. En cela, elle ressemble à ces entreprises soviétiques des années 1970 : puissantes sur le papier, mais incapables de s’adapter à la mondialisation.

**La 5G : le mirage technologique**

La 5G algérienne sera donc un outil de contrôle avant d’être un levier de développement. Comme l’industrie militaire, elle servira à renforcer l’emprise de l’État, pas à libérer les énergies. C’est le paradoxe algérien : on modernise les infrastructures, mais on refuse de moderniser les mentalités.

**2. L’eau et la terre : l’Algérie face à son destin écologique**

Si l’Algérie était un corps, l’eau et les sols en seraient les veines et les artères. Or, ces deux domaines sont en train de se scléroser, et les signaux d’alerte se multiplient.

**La salinisation des sols : une bombe à retardement**

Pourtant, la réponse algérienne reste technocratique : on parle de recyclage des eaux usées dans le textile, on fixe des objectifs (90 % d’ici 2030), mais on ne s’attaque pas aux causes profondes. La surexploitation des nappes phréatiques, l’irrigation sauvage, et surtout… l’absence de gouvernance locale. En Algérie, l’eau est un bien d’État, géré de manière centralisée. Résultat : les agriculteurs, privés de toute autonomie, pompent illégalement, et les sols meurent.

**Le textile et l’illusion du recyclage**

Là encore, l’État algérien mise sur des solutions top-down (des décrets, des plans quinquennaux), sans impliquer les acteurs locaux. C’est le même schéma que pour les startups : on crée des incubateurs, on signe des conventions, mais on ne change pas les règles du jeu. L’Algérie veut des licornes, mais elle refuse de libéraliser son économie.

**3. Santé et éducation : les deux mamelles d’un système en faillite**

**La crise hospitalière : le scandale des médecins franco-algériens**

Résultat : les hôpitaux publics du Sud (comme ceux de la Manche, cités dans les actualités) sont en « faillite » – un terme qui en dit long. La santé en Algérie est un droit constitutionnel, mais dans les faits, c’est un privilège. Les riches vont se faire soigner en Tunisie ou en France, les pauvres attendent des mois pour une consultation.

**Les universités : entre numérisation et désillusion**

Narimene Midoune, citée dans les actualités, incarne cette génération de diplômés qui doivent « sortir de leur zone de confort » pour réussir. Mais pourquoi devraient-ils le faire ? Parce que le système éducatif algérien, hérité du socialisme des années 1970, n’a jamais été réformé. Il produit des fonctionnaires, pas des entrepreneurs. Et quand il essaie de se moderniser (comme avec la numérisation de la justice), c’est toujours sous l’impulsion de l’État, jamais de la société civile.

**4. L’immobilier : le miroir déformant de la société algérienne**

**La fin des "prix fous" ? Une illusion**

L’immobilier algérien est un cas d’école de la mauvaise gouvernance :
Corruption : les terrains sont attribués à des proches du pouvoir.
Clientélisme : les logements sociaux sont distribués en fonction des réseaux.
Incompétence : les promoteurs privés sont étouffés par la bureaucratie.

Résultat : l’Algérie a des millions de mètres carrés de logements vides, mais des millions de citoyens qui n’ont pas de toit. C’est le paradoxe algérien : un pays riche en ressources, mais incapable de loger sa population.

**5. Les élections : le théâtre démocratique algérien**

**Yasmina Khadra candidat en 20

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