L’Algérie a franchi une étape décisive dans le domaine de la recherche scientifique avec le lancement récent de son premier satellite dédié à l’étude du climat. Baptisé Alsat-4B, ce satellite a été mis en orbite depuis le centre spatial de Hammaguir, dans la wilaya de Béchar, selon des sources officielles de l’Agence spatiale algérienne (ASAL). Ce projet, développé en collaboration avec des partenaires internationaux, marque un tournant dans la capacité du pays à surveiller les phénomènes climatiques et à anticiper leurs impacts sur l’agriculture, les ressources en eau et la sécurité alimentaire.
Un outil pour la souveraineté scientifique
Le projet a mobilisé plus de 200 chercheurs algériens, dont des ingénieurs formés à l’École nationale supérieure de technologie (ENST) et à l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB). Les données collectées seront partagées avec des institutions comme l’Office national de la météorologie (ONM) et l’Agence nationale des ressources hydriques (ANRH), afin d’optimiser la gestion des barrages et des zones agricoles vulnérables.
Collaboration internationale et enjeux locaux
Les enjeux sont particulièrement cruciaux pour un pays comme l’Algérie, où les sécheresses récurrentes et la désertification menacent près de 60 % du territoire. Les données d’Alsat-4B serviront notamment à cartographier les zones à risque et à évaluer l’efficacité des programmes de reboisement, comme celui lancé en 2023 par le ministère de l’Agriculture pour planter 50 millions d’arbres d’ici 2030. « Ce satellite nous donnera une vision précise de l’évolution des sols et des nappes phréatiques, ce qui est indispensable pour adapter nos politiques agricoles », a expliqué un responsable de l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie (INRAA).
Des retombées économiques et industrielles
Le coût du projet, estimé à plus de 50 millions de dollars, a été financé en partie par le Fonds national de la recherche scientifique (FNRSDT). Selon des sources proches du dossier, une partie des fonds a été allouée à la construction d’un nouveau centre de contrôle à Oran, qui sera opérationnel d’ici la fin de l’année. Ce centre permettra de traiter les données d’Alsat-4B et d’autres satellites algériens, comme Alsat-1B, dédié à l’observation terrestre.
Défis et prochaines étapes
Par ailleurs, l’ASAL prévoit de lancer un deuxième satellite climatique, Alsat-4C, d’ici 2027. Ce dernier sera équipé de capteurs encore plus performants pour étudier les émissions de gaz à effet de serre et leur impact sur le climat saharien. « L’objectif est de positionner l’Algérie comme un acteur clé dans la recherche climatique en Afrique », a affirmé Oussedik.
Un pas vers l’autonomie technologique
Les données d’Alsat-4B seront également partagées avec des pays africains partenaires, dans le cadre de l’Initiative africaine pour la recherche spatiale (IARS). Cette démarche s’aligne sur la volonté de l’Algérie de jouer un rôle de leader dans la coopération scientifique régionale, comme l’a souligné le président Abdelmadjid Tebboune lors du sommet africain sur le climat organisé à Alger en 2024.
En attendant les premiers résultats concrets, les chercheurs algériens restent mobilisés pour exploiter au mieux les capacités de ce nouveau satellite. « Nous avons les outils, maintenant il faut les utiliser pour agir », a conclu un responsable de l’ONM. Une étape de plus vers une Algérie plus résiliente face aux défis climatiques.