Revue de presse : Technologie Algérie, Commerce Algérie, Bourse Alger…

**L’Algérie en mouvement : un kaléidoscope de modernité et d’archaïsmes**

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’écart entre le discours et la réalité. Le gouvernement algérien, sous la houlette du président Tebboune, martèle une doctrine de « solutions africaines » et de souveraineté retrouvée, tout en multipliant les partenariats avec des acteurs étrangers – chinois pour les phosphates, français pour la formation en data science, ou encore européens pour les infrastructures. Cette schizophrénie n’est pas nouvelle : elle structure l’Algérie depuis son indépendance, oscillant entre le refus de l’ingérence et la nécessité de s’insérer dans une mondialisation qu’elle ne maîtrise pas.

**La souveraineté en trompe-l’œil : entre discours et dépendances**

La question des élections en est une illustration parfaite. Les « caravanes électorales » passent, mais le pouvoir reste inchangé – un scénario qui rappelle les scrutins tunisiens ou guinéens, où l’opposition peine à exister face à des appareils d’État verrouillés. Pourtant, l’énigme du taux de participation algérien révèle une société moins docile qu’il n’y paraît. Les Algériens, surtout les jeunes, boudent les urnes non par apathie, mais par défiance envers un système qui leur promet des emplois et des logements sans jamais tenir ses promesses. La réforme socio-économique annoncée, avec ses aides à la classe moyenne et sa nouvelle grille salariale dans le secteur de la santé, sonne comme une tentative désespérée de regagner une légitimité perdue.

**Infrastructures et urbanisme : le miroir des inégalités**

L’urbanisme algérien est un cas d’école de ces contradictions. Le pays fait face à une crise démographique et écologique majeure, avec des villes saturées et des campagnes en déclin. Les défis sont « entremêlés », comme le souligne l’actualité : comment concilier croissance économique, transition écologique et justice sociale ? Les solutions existent – la transition énergétique portée par Schneider Electric et l’ENSEREDD en est une –, mais elles restent marginales face à un modèle de développement extractiviste, centré sur les hydrocarbures et les grands projets.

**La jeunesse algérienne : entre espoirs et désillusions**

La question de l’emploi des jeunes est indissociable de celle des droits des femmes. L’index de l’égalité professionnelle, bien que décevant, montre une prise de conscience progressive des inégalités de genre. Pourtant, les réformes annoncées – comme la nouvelle grille salariale dans la santé – ne suffiront pas à briser le plafond de verre. Les femmes algériennes restent sous-représentées dans les postes à responsabilité, et leur accès au marché du travail est souvent conditionné par des normes sociales conservatrices.

**La bourse et le commerce : les nouveaux visages de la dépendance**

Le commerce algérien est un autre révélateur de ces dépendances. La Conférence AFRISYS 2026, qui se tiendra en Tunisie, est un exemple de la manière dont l’Algérie est souvent reléguée au second plan dans les dynamiques régionales. Pourtant, le pays a les moyens de jouer un rôle central, notamment dans les industries de transformation. Mais pour cela, il faudrait une volonté politique forte, capable de rompre avec le court-termisme et la corruption qui gangrènent les grands projets.

**Synthèse prospective : vers une Algérie à deux vitesses ?**

Le premier est celui d’une Algérie qui continue sur sa lancée : un pays qui affiche sa souveraineté tout en s’enfermant dans des dépendances économiques, où les infrastructures modernes côtoient des services publics défaillants, et où la jeunesse, faute de perspectives, se tourne vers l’exil ou la contestation. Dans ce scénario, les élections resteront des rituels vides, les réformes socio-économiques des rustines, et les grands projets des vitrines sans substance.

Le second scénario est plus ambitieux : celui d’une Algérie qui assume ses contradictions et les dépasse. Une Algérie qui mise sur sa jeunesse et ses compétences, qui développe une économie diversifiée, moins dépendante des hydrocarbures, et qui fait de la transition écologique un levier de croissance. Une Algérie qui renoue avec son rôle de leader africain, non pas par des discours, mais par des actes – en investissant dans l’éducation, en réformant ses institutions, et en offrant à ses citoyens, femmes et hommes, les moyens de construire leur avenir.

Le choix entre ces deux scénarios dépendra de la capacité du pays à rompre avec ses vieux démons : le clientélisme, la corruption, et la peur du changement. L’Algérie a les ressources humaines et naturelles pour réussir. Mais aura-t-elle le courage politique de le faire ? La réponse à cette question déterminera si le pays restera un géant aux pieds d’argile, ou s’il parviendra enfin à concilier souveraineté et modernité.

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