Revue de presse : Made in Algeria, Équipe nationale Algérie, Sécurité alimentaire Algérie…

**L’Algérie en mouvement : un kaléidoscope sous tension**

L’Algérie contemporaine se déploie comme un tableau en perpétuelle recomposition, où chaque actualité, aussi disparate soit-elle, révèle les lignes de fracture et les dynamiques d’un pays en quête d’équilibre. Entre ambition modernisatrice et pesanteurs structurelles, entre souveraineté affichée et dépendances stratégiques, entre héritage révolutionnaire et tentations néolibérales, les dix domaines couverts ici dessinent une Algérie à la fois résiliente et vulnérable, audacieuse et conservatrice.

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’absence de hasard dans cette juxtaposition de thèmes. Derrière les start-up, la 5G, les céréales ou la finance islamique se joue une même partie : celle d’un État qui cherche à concilier contrôle politique, développement économique et légitimité populaire, tout en naviguant dans un monde où les rapports de force se redéfinissent. L’Algérie n’est plus le pays des années 1990, ni même celui des printemps arabes avortés. Elle est entrée dans une phase de transition silencieuse, où les contradictions ne sont plus étouffées, mais gérées – parfois avec brio, souvent avec maladresse.

**L’innovation comme vitrine, l’État comme architecte**

**Made in Algeria : le capitalisme d’État 2.0**

Pourtant, cette effervescence entrepreneuriale reste largement encadrée par le pouvoir. Les start-up algériennes ne sont pas des acteurs autonomes, mais des pièces d’un puzzle plus large : celui d’une diversification économique impulsée par l’État, dans un contexte de chute des revenus pétroliers. Le paradoxe ? Ces jeunes entreprises dépendent souvent de marchés publics ou de subventions, ce qui limite leur capacité à innover hors des sentiers battus. L’Algérie veut jouer la carte de la Silicon Valley, mais sans en accepter les risques – ceux de la concurrence, de la faillite, ou pire, de la contestation sociale.

Cette logique se retrouve dans d’autres secteurs. La 5G, dont Djezzy vient de se lancer dans la course, est présentée comme un « pas de géant » pour le réseau algérien. Mais qui en profitera vraiment ? Les opérateurs télécoms, déjà sous le contrôle indirect de l’État, ou les citoyens, dont l’accès à internet reste soumis à des restrictions politiques ? La modernisation technologique sert ici de paravent à une surveillance accrue, comme en témoignent les coupures régulières des réseaux sociaux lors des mouvements de protestation.

**L’immobilier : le miroir des inégalités**

Résultat : une bulle immobilière qui profite aux classes aisées et aux investisseurs étrangers, tandis que les Algériens moyens peinent à accéder à la propriété. La réforme promise pour 2025 pourrait changer la donne – ou l’aggraver, si elle ne s’accompagne pas d’une véritable politique de redistribution foncière.

**Souveraineté alimentaire et énergétique : l’illusion de l’autosuffisance**

**Les céréales, talon d’Achille de l’Algérie**

Pourquoi ? Parce que l’agriculture algérienne, malgré des investissements massifs, reste prisonnière d’un modèle productiviste et centralisé, hérité de l’ère socialiste. Les petits paysans, majoritaires, sont marginalisés au profit de grands projets étatiques, souvent inefficaces. Le défi climatique aggrave la situation : les sécheresses récurrentes et la désertification menacent les récoltes, tandis que les subventions aux intrants (engrais, semences) creusent le déficit public.

Cette dépendance aux céréales est un enjeu géopolitique. L’Algérie, qui a connu des émeutes de la faim en 2011, sait que la sécurité alimentaire est une question de stabilité politique. D’où l’accent mis sur l’hygiène et la sécurité des cantines scolaires – une mesure symbolique, mais nécessaire pour éviter les crises sociales.

**Transition énergétique : le gaz comme monnaie d’échange**

L’Algérie dispose d’un atout majeur : ses réserves de gaz, parmi les plus importantes d’Afrique. Mais elle en paie le prix. En misant sur les exportations vers l’Europe, elle s’expose aux fluctuations des marchés et aux pressions géopolitiques. Pire, elle néglige sa propre transition énergétique. Les énergies renouvelables (solaire, éolien) peinent à décoller, malgré des projets ambitieux. Le pays reste dépendant des hydrocarbures, avec une production d’électricité encore largement carbonée.

Cette contradiction est révélatrice. L’Algérie veut être un fournisseur fiable pour l’Europe, tout en affirmant sa souveraineté énergétique. Mais tant qu’elle n’investira pas massivement dans les renouvelables, elle restera prisonnière d’un modèle extractiviste, vulnérable aux crises internationales.

**Culture et identité : entre résistance et récupération**

**La musique algérienne, terrain de bataille**

Pourtant, la musique algérienne reste un espace de résistance. Des artistes comme KUKII, avec son « son insurrectionnel », ou les hommages aux « années euphoriques » (1960-1970), rappellent que la culture algérienne ne se réduit pas à une vitrine officielle. Elle est aussi un lieu de mémoire, où se rejouent les luttes pour l’indépendance, les espoirs déçus et les nouvelles revendications.

Le Festival culturel international de musique symphonique d’Alger, avec la participation de la Tunisie, montre une autre facette : celle d’une diplomatie culturelle qui cherche à redorer l’image de l’Algérie à l’international. Mais cette ouverture reste sélective. Le Panafricain d’Alger (1969), évoqué comme un « moment charnière de la décolonisation », rappelle que l’Algérie a historiquement joué un rôle de leader dans les luttes anticoloniales. Aujourd’hui, elle peine à incarner cette ambition, tant sur le plan politique que culturel.

**Tourisme : l’Algérie entre mémoire et oubli**

Pourtant, le tourisme en Algérie reste un paradoxe. Le pays dispose d’un patrimoine historique et naturel exceptionnel (Timgad, le Sahara, la Casbah d’Alger), mais il souffre d’un manque d’infrastructures et d’une image écornée par les années de terrorisme. Les autorités misent sur des événements culturels pour redynamiser le secteur, mais sans une véritable politique de développement touristique, ces initiatives resteront des coups d’éclat sans lendemain.

**Finance islamique et géopolitique : l’Algérie dans le jeu régional**

La finance islamique, présentée comme une « innovation » par le Partenariat mondial pour l’éducation et la Banque islamique de développement, est un autre terrain où se jouent les équilibres géopolitiques. L’Algérie, qui a longtemps résisté à l’influence des banques islamiques (perçues comme un cheval de Troie du wahhabisme saoudien), semble aujourd’hui s’y ouvrir.

Cette évolution est révélatrice. D’un côté, l’Algérie cherche à diversifier ses sources de financement, dans un contexte de dette publique croissante. De l’autre, elle doit composer avec des acteurs régionaux (Arabie saoudite, Turquie, Qatar) qui utilisent la finance islamique comme un outil d’influence.

La question du Hamas, évoquée dans les actualités, est un autre marqueur de cette complexité. L’Algérie, qui soutient la cause palestinienne, doit naviguer entre son alliance historique avec les mouvements de libération et les pressions internationales. En refusant de condamner le Hamas, elle affirme sa souveraineté, mais s’expose à des tensions avec ses partenaires occidentaux.

**L’équipe nationale : miroir d’une société en quête de gloire**

La CAN 2025 a été un révélateur des attentes et des frustrations des Algériens. La défaite face au Nigeria, la présence de Zinedine Zidane en tribunes, la qualification en jeu contre la RDC – tout cela dépasse le cadre sportif.

Le football algérien est un exutoire. Il permet d’oublier, le temps d’un match, les difficultés économiques et politiques. Mais il est aussi un enjeu de pouvoir. L’État investit massivement dans le sport (stades, centres de formation), non seulement pour des raisons de prestige, mais aussi pour canaliser les énergies populaires.

Pourtant, le football algérien reste prisonnier de ses contradictions. Les joueurs, souvent formés en Europe, incarnent une diaspora qui peine à se réintégrer. Les clubs algériens, malgré des budgets importants, peinent à rivaliser avec leurs homologues africains. Et l’équipe nationale, malgré ses talents, reste instable, reflet d’une société en quête de repères.

**Synthèse prospective : l’Algérie à

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