Algérie lance un accélérateur vert pour PME avec le PNUD

L’Algérie a officiellement lancé cette semaine un programme d’accompagnement pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les startups engagées dans l’économie verte. Baptisé « Accélérateur vert », ce dispositif est mis en place en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), selon un communiqué publié par El Watan le 3 juin 2026. L’initiative vise à soutenir les acteurs économiques locaux dans leur transition vers des modèles durables, tout en créant des emplois qualifiés.

Le ministère de l’Environnement et des Énergies renouvelables, en collaboration avec le ministère des Startups et de l’Économie de la connaissance, pilote ce projet. L’Accélérateur vert cible trois secteurs prioritaires : les énergies renouvelables, la gestion des déchets et l’agriculture durable. Les entreprises sélectionnées bénéficieront d’un accompagnement technique, d’un accès à des financements préférentiels et d’un mentorat assuré par des experts internationaux et locaux.

D’après El Watan, le programme s’inscrit dans la stratégie nationale de diversification économique, qui cherche à réduire la dépendance aux hydrocarbures. L’Algérie, qui dispose d’un potentiel solaire et éolien parmi les plus élevés au monde, mise sur ces filières pour générer de la croissance et des emplois. Le PNUD a souligné, lors du lancement, que l’Accélérateur vert pourrait servir de modèle pour d’autres pays africains confrontés aux mêmes défis climatiques.

Un appel à projets national

Le processus de sélection se déroulera en deux phases. La première, qui s’étendra jusqu’à fin juillet, permettra de présélectionner 50 projets. Ces derniers bénéficieront d’une formation intensive de trois mois, couvrant des thèmes comme la gestion de projet, le financement participatif et les normes environnementales. À l’issue de cette période, 20 lauréats seront retenus pour intégrer le programme d’accélération proprement dit, qui durera 12 mois.

Des financements et un réseau d’experts

Par ailleurs, les lauréats pourront compter sur un réseau d’experts internationaux, notamment des représentants du PNUD et d’institutions européennes spécialisées dans l’économie circulaire. Des partenariats avec des incubateurs étrangers, comme Station F en France ou le Hub de l’innovation de Dubaï, sont également envisagés pour faciliter les échanges technologiques et commerciaux.

Un impact attendu sur l’emploi

Le secteur des énergies renouvelables, en particulier, est en pleine expansion. L’Algérie a pour objectif de produire 30 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2035. Des projets comme celui de la centrale solaire de Hassi R’Mel, d’une capacité de 4 000 MW, illustrent cette ambition. L’Accélérateur vert pourrait ainsi contribuer à accélérer la réalisation de ces objectifs en soutenant les acteurs locaux.

Des défis à relever

Un autre défi réside dans la bureaucratie, souvent pointée du doigt comme un frein à l’innovation. Les délais d’obtention des autorisations et des financements peuvent décourager les porteurs de projets. Le gouvernement a promis de simplifier les procédures, mais les résultats concrets restent à observer.

Enfin, la question du financement reste cruciale. Bien que l’État et le PNUD aient mobilisé des ressources importantes, les besoins des PME et des startups dépassent souvent les capacités des fonds publics. Le recours au financement participatif et aux investisseurs privés sera donc essentiel pour assurer la pérennité des projets.

Des retombées au-delà de l’économie

Par ailleurs, le programme pourrait avoir un impact social significatif. En ciblant les jeunes et les femmes, il contribue à réduire les inégalités et à favoriser l’inclusion économique. Plusieurs initiatives similaires, comme le programme « Jeunes entrepreneurs verts » lancé en 2023, ont déjà montré des résultats encourageants, avec une augmentation de 15 % du nombre de startups dirigées par des femmes dans le secteur des énergies renouvelables.

Un modèle pour l’Afrique ?

Si l’Accélérateur vert parvient à atteindre ses objectifs, il pourrait positionner l’Algérie comme un leader régional de l’innovation verte. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’efficacité du programme et son impact réel sur le terrain. Une première évaluation est prévue pour la fin de l’année 2026, avec la publication d’un rapport détaillant les résultats obtenus et les ajustements nécessaires.

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