Le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé récemment la formation d’un nouveau gouvernement, marquant une étape dans la stratégie algérienne pour résoudre la question de l’emploi des jeunes. Selon El Watan, qui a publié la liste complète des membres du cabinet, cette réorganisation vise à renforcer les dispositifs existants et à introduire de nouvelles mesures pour stimuler l’insertion professionnelle des moins de 35 ans.
Le Premier ministre Nadir Larbaoui conserve son poste, mais plusieurs ministères clés ont vu leurs titulaires changés. Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale est désormais dirigé par Youcef Cherfa, un économiste connu pour ses travaux sur les politiques actives de l’emploi. Son prédécesseur, Fayçal Bentaleb, avait mis en place l’allocation chômage en 2022, une première en Algérie. Cherfa hérite donc d’un dossier complexe : près de 30% des jeunes Algériens étaient au chômage en 2024, selon les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS).
Parmi les nouveaux visages, le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels passe sous la responsabilité de Salima Souakri, ancienne judokate olympique reconvertie dans la gestion des programmes éducatifs. Son arrivée coïncide avec une refonte annoncée des filières de formation pour les aligner sur les besoins du marché. « Nous allons doubler les capacités d’accueil dans les spécialités numériques et industrielles d’ici 2026 », a-t-elle déclaré lors de sa prise de fonction, citée par l’APS.
Des dispositifs renforcés pour les entrepreneurs
Cette mesure vise à résoudre un problème récurrent : le manque d’espaces adaptés pour les porteurs de projets. « Beaucoup de jeunes entrepreneurs louent des locaux inadaptés ou travaillent depuis chez eux faute de moyens », explique Karim B., 28 ans, fondateur d’une start-up dans les énergies renouvelables. « Si l’État nous donne accès à des espaces professionnels à des tarifs préférentiels, cela changera la donne. »
L'innovation comme levier d'emploi
L’écosystème start-up algérien a connu une croissance notable ces dernières années. Le pays compte désormais six incubateurs publics et une vingtaine d’espaces de coworking privés. « L’Algérie a le potentiel pour devenir un hub technologique en Afrique du Nord », affirme Samir Abdelkrim, fondateur de StartupBRICS, lors d’une conférence à Alger en avril 2025. « Mais il faut simplifier les procédures administratives et faciliter l’accès au financement. »
Formation et numérique : deux priorités
À Genève, le ministre délégué chargé des Start-up, Kamel Baddari, a récemment présenté les efforts algériens pour renforcer l’innovation. « Nous avons créé un fonds de capital-risque public doté de 50 milliards de dinars pour soutenir les projets technologiques », a-t-il déclaré, selon horizons.dz. Ce fonds, opérationnel depuis janvier 2025, cible particulièrement les start-up dans les domaines de l’intelligence artificielle, des énergies propres et de l’agrotech.
Les défis persistants
Autre défi : la fuite des cerveaux. Entre 2019 et 2023, plus de 10 000 ingénieurs et médecins ont quitté l’Algérie, selon les données du ministère de l’Enseignement supérieur. Pour inverser cette tendance, le gouvernement a annoncé en 2025 une revalorisation des salaires dans les secteurs stratégiques, notamment les technologies de l’information et la santé.
Un calendrier chargé pour 2025
« Nous ne partons pas de zéro », rappelle Youcef Cherfa, le nouveau ministre du Travail. « L’allocation chômage, les microcrédits et les incubateurs existent déjà. Notre rôle est de les rendre plus efficaces et plus accessibles. » Pour les jeunes Algériens, ces annonces représentent un espoir, mais aussi une attente forte de résultats concrets.