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**L’Algérie, miroir brisé d’un modèle en tension**
Pourtant, ces mouvements s’accompagnent de contradictions systémiques : comment concilier une transition énergétique ambitieuse avec une dépendance persistante aux hydrocarbures ? Comment moderniser l’agriculture sans aggraver la crise hydrique ? Et surtout, comment l’État algérien, héritier d’un jacobinisme autoritaire, peut-il intégrer les aspirations d’une jeunesse connectée et insoumise, dont la musique porte les échos ?
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**1. L’eau et l’énergie : le couple maudit de la souveraineté**
Pourtant, une solution existe : le solaire. L’actualité rappelle que le potentiel algérien en énergie photovoltaïque est l’un des plus élevés au monde (plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an). Mais la question qui fâche resurgit : pourquoi ce potentiel a-t-il été « torpillé » en 1882 ? La réponse tient en un mot : le pétrole. Dès la fin du XIXe siècle, les puissances coloniales ont privilégié les énergies fossiles, plus faciles à contrôler et à exporter. Aujourd’hui, l’Algérie reproduit ce schéma : elle exporte du gaz (via le pipeline concurrent du corridor Maroc-Nigeria) tout en important des technologies solaires étrangères, comme en témoigne l’investissement d’Enko Capital en Angola.
**L’infrastructure, entre dépendance et modernité**
Cette logique extractiviste se retrouve dans le secteur pétrolier : l’OPEP+ relance la production, mais pour combien de temps ? L’Algérie mise sur le gaz comme levier géopolitique (via le pipeline vers l’Europe et le Niger), mais cette stratégie est fragile. D’abord, parce que le gaz est une ressource finie ; ensuite, parce que l’Europe accélère sa transition énergétique, réduisant sa dépendance aux hydrocarbures. L’Algérie se retrouve ainsi coincée entre deux feux : d’un côté, elle a besoin des revenus du gaz pour financer sa transition ; de l’autre, elle doit accélérer cette transition pour ne pas rater le train des énergies renouvelables.
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**2. Géopolitique des flux : l’Algérie, nouveau hub africain ?**
L’Algérie mise désormais sur une diplomatie des flux :
– Énergétiques : le pipeline vers le Niger et l’Europe (concurrent du projet Maroc-Nigeria) ;
– Agricoles : la sécurité alimentaire comme « bouclier » pour le Maghreb ;
– Culturels : la musique algérienne, entre censure (le retrait de Kader Japonais du Festival Mawazine) et rayonnement (KUKII, symbole d’une jeunesse insoumise).
Cette stratégie a un mérite : elle contourne le blocage marocain en misant sur l’Afrique subsaharienne. Mais elle a aussi un risque : celui de reproduire, à l’échelle continentale, les mêmes logiques de dépendance que celles qui ont miné le Maghreb.
**Le Niger, ou l’art de la realpolitik**
Cette realpolitik rappelle celle de la France en Afrique : on soutient les régimes autoritaires tant qu’ils servent nos intérêts. La différence ? L’Algérie le fait sans complexe, assumant une diplomatie souveraine, mais pas forcément morale.
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**3. La jeunesse, entre éducation et insoumission**
Pourtant, l’Algérie a un atout : sa jeunesse. Avec 50% de la population âgée de moins de 30 ans, le pays a un potentiel démographique énorme. Mais ce potentiel est gâché par un système éducatif hérité du jacobinisme français, où l’on apprend par cœur plutôt que de créer.
**La musique, thermomètre de la société**
Aujourd’hui, la musique algérienne est à la fois un exutoire et un miroir des fractures :
– Pour les jeunes, elle est un moyen d’expression dans un pays où la liberté d’expression est limitée.
– Pour l’État, elle est un outil de soft power (comme en témoigne le succès de la musique algérienne en Europe).
– Mais elle est aussi un danger : quand elle devient trop critique, elle est censurée.
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**4. Logement et qualité de l’air : les oubliés de la croissance**
Pourtant, personne ne parle de la radioactivité des poussières sahariennes, héritage des essais nucléaires français des années 1960. Un tabou de plus.
**L’écologie, parent pauvre des politiques publiques**
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