L’irrigation algérienne face au stress hydrique en 2024

L’Algérie accélère ses réformes agricoles pour atténuer les effets du stress hydrique, un défi qui pèse sur la sécurité alimentaire du pays. Selon Algerie Patriotique, le secteur de l’irrigation, pilier de la stratégie nationale, fait l’objet d’innovations techniques et de mesures structurelles en 2024. Ces initiatives visent à optimiser l’utilisation des ressources en eau, tout en soutenant les agriculteurs dans un contexte climatique de plus en plus contraignant.

Des infrastructures hydrauliques en expansion

Les autorités misent également sur la réhabilitation des barrages existants, comme celui de Beni Haroun, dans la wilaya de Mila, dont la capacité a été augmentée grâce à des travaux de surélévation. Ces investissements s’inscrivent dans le cadre du Plan national de l’eau 2020-2030, qui prévoit un budget de 25 milliards de dollars pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable et agricole.

L’irrigation localisée, une solution technique

Dans la wilaya de Biskra, connue pour ses dattes et ses cultures sous serre, des coopératives agricoles ont adopté des capteurs d’humidité connectés, permettant d’ajuster l’apport en eau en temps réel. Ces technologies, couplées à des logiciels de gestion, réduisent la consommation d’eau de 40 % par rapport aux méthodes traditionnelles. Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a annoncé la généralisation de ces outils dans les zones arides, où l’évaporation dépasse souvent les 2 000 mm par an.

La réutilisation des eaux usées, un levier sous-exploité

Les réticences persistent cependant, notamment en raison des normes sanitaires strictes et des coûts de traitement. Pour y remédier, le gouvernement a lancé des campagnes de sensibilisation auprès des agriculteurs, mettant en avant les rendements obtenus avec ces eaux, riches en nutriments. Des partenariats avec des entreprises spécialisées, comme la société espagnole Acciona, ont permis de moderniser les infrastructures et de former les techniciens locaux.

Les défis sociaux et économiques

Par ailleurs, la main-d’œuvre qualifiée fait défaut. Les centres de formation agricole, comme celui de Mostaganem, peinent à attirer des jeunes, préférant des filières jugées plus lucratives. Le ministère de l’Agriculture a lancé des programmes de reconversion professionnelle, mais les résultats restent limités. Sans une main-d’œuvre formée, l’entretien des équipements d’irrigation et l’adoption des nouvelles technologies risquent d’être compromis.

Vers une agriculture résiliente

La diversification des sources d’eau est également cruciale. Le dessalement de l’eau de mer, bien que coûteux, se développe le long du littoral. La station de Fouka, près d’Alger, produit déjà 120 000 m³ par jour, dont une partie est destinée à l’irrigation des cultures maraîchères de la Mitidja. D’autres projets sont en cours à Oran et à Skikda, avec l’objectif de couvrir 30 % des besoins en eau agricole d’ici 2030.

L’Algérie se trouve à un tournant. Les choix opérés aujourd’hui détermineront sa capacité à nourrir sa population dans les décennies à venir. Si les innovations techniques offrent des solutions concrètes, leur succès dépendra de la capacité des institutions à les déployer de manière équitable et durable.

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