Banque d’Algérie durcit le KYC pour les banques

La Banque d’Algérie a annoncé récemment la préparation d’une nouvelle instruction visant à renforcer le dispositif Know Your Customer (KYC) pour les établissements bancaires et financiers du pays. Cette mesure, révélée par El Moudjahid, s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, deux enjeux critiques pour la stabilité économique algérienne.

Un cadre réglementaire plus strict

La Banque d’Algérie avait déjà introduit des règles similaires en 2022, mais leur application restait inégale. Les banques publiques comme la Banque Extérieure d’Algérie (BEA) et la Banque Nationale d’Algérie (BNA) avaient été pointées du doigt pour des lacunes dans la traçabilité des opérations. Cette fois, les sanctions en cas de non-respect pourraient inclure des amendes ou des restrictions d’activité.

Impact sur les banques et les clients

Les entreprises exportatrices, comme SONATRACH ou Cevital, seront particulièrement surveillées. Les flux financiers liés aux contrats pétroliers ou aux importations de matières premières feront l’objet d’un examen approfondi. Les banques devront signaler toute opération suspecte à la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF), un organe créé en 2020 pour centraliser les alertes.

Une réponse aux pressions internationales

La Banque d’Algérie semble déterminée à éviter une mise sous surveillance du GAFI, comme ce fut le cas pour la Tunisie en 2022. Une telle mesure aurait des conséquences économiques graves, notamment pour les échanges commerciaux avec l’Europe et les pays du Golfe. Les banques algériennes pourraient voir leurs correspondants étrangers réduire leurs lignes de crédit, comme cela s’est produit pour certaines institutions libanaises.

Réactions des acteurs économiques

Les entreprises, quant à elles, craignent des retards dans les transactions. Un cadre de SONATRACH a confié à El Watan que « les vérifications supplémentaires pourraient ralentir les paiements aux fournisseurs étrangers ». Les chambres de commerce, comme la CCI d’Alger, ont demandé des clarifications sur les délais d’application pour éviter des perturbations.

Prochaines étapes

Cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation du secteur financier algérien. En mars 2025, la Banque d’Algérie avait déjà publié des directives pour encadrer les banques numériques, une première dans le pays. Ces initiatives visent à positionner l’Algérie comme un hub financier régional, dans la lignée de la stratégie annoncée par le président Abdelmadjid Tebboune en 2023.

Pour l’heure, les observateurs attendent de voir si ces mesures suffiront à rassurer les partenaires internationaux. La crédibilité du système bancaire algérien dépendra de leur mise en œuvre effective, sans quoi les risques de sanctions ou de restrictions persisteront.

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