Le déficit commercial de l’Algérie a atteint 711,5 milliards de dinars au premier semestre 2025, selon les données publiées récemment par Algerie Eco. Ce chiffre, le plus élevé depuis cinq ans, relance le débat sur la dépendance économique du pays aux hydrocarbures et la nécessité de diversifier les exportations. Les autorités algériennes, confrontées à une baisse des recettes pétrolières et à une hausse des importations, doivent désormais trouver des solutions pour équilibrer la balance commerciale.
Une dépendance aux hydrocarbures persistante
En parallèle, les importations ont continué de croître, atteignant 2 511,5 milliards de dinars, soit une hausse de 8 % en un an. Les principaux postes d’importation restent les biens d’équipement, les produits alimentaires et les médicaments. Algerie Eco souligne que cette tendance reflète une demande intérieure soutenue, mais aussi une incapacité à produire localement certains biens stratégiques.
Les secteurs non pétroliers en difficulté
Plusieurs facteurs expliquent cette stagnation. Les entreprises algériennes font face à des difficultés logistiques, à des coûts de production élevés et à une concurrence accrue sur les marchés internationaux. Par ailleurs, les barrières administratives et les lenteurs dans l’obtention des autorisations freinent les investissements étrangers, pourtant nécessaires pour moderniser les infrastructures.
Les mesures gouvernementales en question
Cependant, ces mesures suscitent des critiques. Des économistes, cités par Liberté et El Watan, estiment que les efforts restent insuffisants et trop lents. « Le problème n’est pas seulement conjoncturel, il est structurel. Tant que l’Algérie ne réformera pas son système bancaire, ne simplifiera pas les procédures administratives et n’investira pas massivement dans la formation professionnelle, la diversification économique restera un vœu pieux », explique un analyste financier interrogé par TSA.
Les défis à court et moyen terme
À moyen terme, le déficit commercial pourrait freiner la croissance économique, déjà ralentie par la baisse des recettes pétrolières. Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Algérie, tablant sur un taux de 2,5 % en 2025, contre 3,2 % en 2024. Dans ce contexte, la création d’emplois et la réduction du chômage, notamment chez les jeunes, deviennent des priorités absolues.
Les opportunités à saisir
Les autorités misent également sur les zones franches et les partenariats public-privé pour stimuler les exportations. Le port de Djen Djen, en cours de modernisation, devrait devenir un hub logistique pour le commerce méditerranéen. « Si ces projets aboutissent, ils pourraient réduire la dépendance aux hydrocarbures et créer des emplois durables », estime un expert en économie cité par El Khabar.
Un appel à l’action
Pour les citoyens algériens, cette situation est un rappel que la prospérité ne peut reposer uniquement sur les ressources naturelles. La diversification économique n’est plus une option, mais une nécessité pour assurer un avenir stable et prospère.