L’Algérie a porté un coup dur au trafic de drogue dure en démantelant récemment un réseau criminel spécialisé dans l’importation et la distribution de cocaïne. Selon AL24 News, les services de sécurité algériens ont saisi 49,4 tonnes de cocaïne, une quantité record qui place cette opération parmi les plus importantes de l’histoire du pays. L’enquête, menée en collaboration avec des partenaires internationaux, révèle l’ampleur des filières transnationales exploitant les ports et les routes sahariennes pour acheminer la drogue vers l’Europe et le Moyen-Orient.
Une opération coordonnée sur plusieurs fronts
Le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, a salué l’efficacité des services de sécurité, soulignant que cette saisie « illustre la détermination de l’Algérie à lutter contre les réseaux criminels qui menacent la stabilité régionale ». Une source proche de l’enquête a confirmé à TSA que des mandats d’arrêt internationaux avaient été émis contre plusieurs suspects en fuite, dont certains seraient liés à des cartels sud-américains.
Un trafic en expansion malgré les efforts sécuritaires
Les ports d’Alger, d’Oran et de Skikda sont particulièrement surveillés, mais les trafiquants adaptent leurs méthodes. « Ils utilisent désormais des petits bateaux pour débarquer la drogue sur des plages isolées, avant de la transporter par voie terrestre vers la Libye ou la Tunisie », explique un expert en sécurité maritime interrogé par Liberté. Cette stratégie complique les interceptions, malgré le renforcement des patrouilles côtières par la Marine nationale.
Des retombées économiques et sociales inquiétantes
Sur le plan économique, le blanchiment d’argent lié au trafic de drogue pèse sur le système financier. La Banque d’Algérie a récemment durci ses contrôles sur les transferts de fonds suspects, après des signalements de la Cellule de traitement des informations financières (CTRF). « Les réseaux utilisent des sociétés écrans pour recycler l’argent de la drogue dans l’immobilier et le commerce », précise un responsable de la CTRF, sous couvert d’anonymat.
Une coopération internationale renforcée
L’Algérie collabore également avec l’Union européenne, notamment via l’agence Frontex, pour renforcer les contrôles aux frontières maritimes. En mai 2025, la visite d’un destroyer américain au port d’Alger, rapportée par El Moudjahid, s’inscrivait dans cette dynamique de coopération militaire pour sécuriser la Méditerranée occidentale.
Prochaines étapes : prévention et répression
Sur le plan judiciaire, les peines pour trafic de drogue ont été alourdies en 2024, avec des condamnations pouvant aller jusqu’à la perpétuité pour les chefs de réseaux. « La loi est désormais plus dissuasive, mais il faut aussi s’attaquer aux causes profondes, comme le chômage et l’exclusion sociale », estime un magistrat du tribunal d’Alger, cité par El Moudjahid.
Cette saisie record de cocaïne marque un tournant dans la lutte contre le narcotrafic en Algérie. Si elle témoigne de l’efficacité des services de sécurité, elle rappelle aussi l’urgence de mesures structurelles pour endiguer un fléau qui menace la jeunesse et la stabilité du pays.