Formation professionnelle en Algérie 62 000 détenus formés en 2024

Le ministère de la Justice algérien a annoncé récemment que plus de 62 000 détenus ont bénéficié de programmes de formation professionnelle en 2024. Cette initiative, relayée par Le Jeune Indépendant, s’inscrit dans une politique de réinsertion sociale visant à réduire la récidive et à préparer les détenus à une vie active après leur libération.

Un dispositif en expansion

Les résultats sont tangibles. En 2023, environ 50 000 détenus avaient suivi ces programmes, soit une augmentation de 24 % en un an. Cette progression s’explique par l’élargissement des spécialités proposées et l’amélioration des infrastructures dans les prisons. La prison de Koléa, par exemple, a inauguré en 2024 un nouveau centre de formation équipé de machines modernes pour la maintenance industrielle.

Une approche pragmatique

Les formations sont adaptées aux besoins du marché algérien. Dans les régions du Sud, par exemple, des modules sur les énergies renouvelables et l’agriculture saharienne ont été introduits. À Oran, des détenus ont été formés à la maintenance des équipements portuaires, en collaboration avec l’Entreprise portuaire d’Oran (EPO). Ces partenariats permettent aux détenus d’obtenir des certificats reconnus par l’État, facilitant leur embauche à leur sortie.

Des défis persistants

Les autorités reconnaissent ces lacunes. Le ministère de la Justice a annoncé en septembre 2024 un plan de modernisation des prisons, incluant la construction de nouveaux centres de formation et la formation de 500 formateurs supplémentaires d’ici 2026. Un budget de 2 milliards de dinars a été alloué à ce projet, financé en partie par des fonds européens dans le cadre de la coopération en matière de justice.

Témoignages et impacts

Les entreprises algériennes commencent à s’intéresser à ce vivier de main-d’œuvre. La Société nationale des véhicules industriels (SNVI) a signé un accord avec l’administration pénitentiaire pour recruter des mécaniciens formés en prison. « Nous avons besoin de compétences, et ces détenus ont prouvé leur sérieux », déclare un responsable de la SNVI.

Une politique à long terme

Le président Abdelmadjid Tebboune a rappelé lors d’un Conseil des ministres en juin 2024 que « la prison doit être un lieu de réhabilitation, pas seulement de punition ». Cette déclaration a été suivie de mesures concrètes, comme l’augmentation des budgets alloués aux prisons et la création d’une agence nationale dédiée à la réinsertion des détenus.

Perspectives

Ces initiatives montrent que l’Algérie prend au sérieux la question de la réinsertion. Si les défis restent nombreux, les résultats obtenus en 2024 prouvent que la formation professionnelle en prison peut être un levier efficace pour réduire la récidive et offrir une seconde chance aux détenus.

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