L’Algérie a récemment révisé ses ambitions en matière de gestion des déchets, fixant un objectif de valorisation de 65% d’ici 2035, selon Le360. Ce cap, annoncé dans le cadre des discussions sur la stratégie nationale de recyclage, marque une accélération des efforts pour moderniser les infrastructures et réduire l’impact environnemental des déchets ménagers et industriels. Si le pays progresse, des défis persistent, notamment en termes de collecte, de tri et de sensibilisation.
Un cadre légal en évolution
Le gouvernement a également lancé en 2022 un plan national de gestion des déchets, doté d’un budget de 150 milliards de dinars. Ce plan prévoit la construction de centres de tri et de valorisation dans 48 wilayas d’ici 2027. Selon Le360, les premières unités devraient être opérationnelles dès 2025, avec un accent mis sur le recyclage des plastiques, des métaux et des déchets organiques.
Des initiatives locales et privées
Le secteur privé joue aussi un rôle clé. Des start-ups comme Eco-Jem ou Recycle Algeria développent des solutions innovantes, comme la collecte des déchets via des applications mobiles ou la transformation des déchets plastiques en matériaux de construction. Ces initiatives, bien que prometteuses, restent limitées par un manque de financement et de soutien institutionnel.
Les obstacles à surmonter
Un autre défi est l’absence d’une filière structurée pour le recyclage. Les centres de tri existants sont saturés, et les entreprises de valorisation manquent de débouchés pour les matériaux recyclés. Par exemple, le plastique recyclé peine à trouver des acheteurs locaux, faute de normes claires et d’incitations fiscales pour les industriels.
Vers une économie circulaire
La sensibilisation des citoyens est également une priorité. Des campagnes de communication ont été lancées dans les écoles et les médias, mais leur impact reste limité. Selon une étude citée par Le360, 70% des Algériens ignorent les consignes de tri. Des programmes de formation pour les agents municipaux et les éboueurs sont en cours, afin d’améliorer la qualité de la collecte.
Un enjeu économique et écologique
Sur le plan écologique, la réduction des décharges sauvages limiterait la pollution des sols et des nappes phréatiques, un problème récurrent dans plusieurs régions. Le recyclage des déchets organiques, en particulier, pourrait contribuer à la production de compost pour l’agriculture, réduisant ainsi la dépendance aux engrais chimiques.
L’Algérie a les moyens de réussir cette transition, mais elle devra surmonter des défis structurels. La réussite de cette stratégie dépendra de la coordination entre les acteurs publics, privés et la société civile, ainsi que de l’engagement des citoyens. Si les premiers résultats sont encourageants, le chemin reste long pour faire du recyclage une pratique généralisée.