Saïd Chengriha intègre le gouvernement Tebboune

Le général-major Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a été nommé ministre délégué à la Défense nationale dans le dernier remaniement gouvernemental annoncé par le président Abdelmadjid Tebboune. Cette décision, officialisée par un décret présidentiel publié récemment, marque une évolution notable dans la structure du pouvoir exécutif algérien.

Selon le quotidien Le360, qui a révélé l’information en novembre 2024, Chengriha conserve ses fonctions militaires tout en intégrant le gouvernement. Le décret présidentiel précise que cette nomination vise à « renforcer la coordination entre les institutions civiles et militaires », un argument repris par l’agence officielle APS. Aucune déclaration publique n’a été faite par Chengriha ou Tebboune pour expliquer cette mesure, qui intervient dans un contexte de tensions régionales et de réformes constitutionnelles.

Un cumul de fonctions inédit depuis 2019

« Gaïd Salah agissait dans un contexte de crise post-Hirak, avec une légitimité contestée, explique un chercheur en sciences politiques à l’université d’Alger, sous couvert d’anonymat. Chengriha, lui, bénéficie d’une stabilité institutionnelle relative, mais son entrée au gouvernement pourrait répondre à des impératifs sécuritaires, notamment face aux tensions au Sahel et en Libye. »

Réactions et spéculations

Sur les réseaux sociaux, les avis divergent. Certains internautes y voient une « garantie contre les ingérences étrangères », tandis que d’autres s’inquiètent d’un « affaiblissement des prérogatives civiles ». Le journal El Watan a noté que cette nomination coïncide avec une série de mesures visant à renforcer les capacités de l’ANP, comme l’acquisition récente de drones turcs et la modernisation des systèmes de défense aérienne.

Implications pour la gouvernance

Par ailleurs, cette décision intervient alors que l’Algérie renforce sa présence diplomatique et militaire en Afrique. Chengriha a récemment effectué des visites en Mauritanie et au Niger, où l’Algérie joue un rôle de médiateur dans les crises locales. Son entrée au gouvernement pourrait faciliter la coordination des actions de défense et de politique étrangère, selon un diplomate algérien cité par TSA.

Un signal vers les partenaires internationaux

Cette nomination pourrait aussi influencer les relations avec les voisins maghrébins. Le Maroc, qui a récemment accusé l’Algérie de « militarisation excessive », n’a pas réagi officiellement, mais des médias proches du palais royal ont évoqué une « provocation ». En Tunisie, le président Kaïs Saïed a félicité Tebboune pour son « engagement en faveur de la stabilité régionale », une formulation jugée ambiguë par les analystes.

Prochaines étapes

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact de cette nomination. Les élections législatives prévues en 2026 pourraient servir de test pour mesurer l’adhésion populaire à cette nouvelle configuration du pouvoir. En attendant, les Algériens attendent des clarifications sur les raisons de ce choix et ses implications concrètes pour la gouvernance du pays.

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