Sofia Guellati vise l’histoire du football féminin algérien

Le 11 juin 2025, Sofia Guellati, capitaine de l’équipe nationale féminine de football, a déclaré à La Gazette du Fennec que les Fennecs ambitionnaient de « marquer l’histoire du football féminin algérien » lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) féminine 2024. Ses propos, relayés par plusieurs médias sportifs algériens, ont relancé l’intérêt pour une discipline en pleine expansion, malgré des défis structurels persistants.

Un parcours inédit en CAN féminine

Selon DZfoot, les joueuses ont bénéficié d’un encadrement technique renforcé depuis 2022, avec l’arrivée de l’entraîneur français Farid Benstiti, ancien sélectionneur de l’équipe de France féminine. Son travail a permis d’améliorer la cohésion d’équipe et la rigueur tactique, des éléments clés lors de la CAN. « On a montré qu’on pouvait rivaliser avec les meilleures nations africaines. Maintenant, il faut aller plus loin », a-t-elle ajouté.

Des infrastructures encore limitées

Les stades dédiés au football féminin sont également insuffisants. La majorité des matchs se déroulent sur des terrains synthétiques ou en mauvais état, comme celui de l’ASF Saoura à Béchar, où Sofia Guellati s’entraîne. « On a besoin de plus de soutien, pas seulement des mots. Les joueuses méritent des conditions dignes pour progresser », a-t-elle souligné.

Une médiatisation en progression

Cette visibilité accrue a également permis de mettre en lumière des initiatives locales. À Alger, le club de l’USM Alger a lancé en 2023 une académie féminine, la première du genre en Algérie, pour former des jeunes filles dès l’âge de 10 ans. « On voit de plus en plus de parents inscrire leurs filles dans des écoles de football. C’est une révolution silencieuse », explique Amina Bouzid, directrice technique de l’académie.

Les prochains défis : CAN 2026 et professionnalisation

Pour Sofia Guellati et ses coéquipières, l’objectif est clair : atteindre les demi-finales en 2026. « On a le niveau, mais il faut travailler encore plus dur. Le football féminin algérien a un potentiel énorme, et on veut le prouver au monde entier », a-t-elle affirmé. La FAF a d’ores et déjà prévu un stage de préparation intensif en Europe pour l’équipe nationale, avec des matchs amicaux contre des sélections européennes.

Un engagement au-delà du terrain

Son engagement rejoint celui d’autres figures du sport algérien, comme la judokate Amina Belkadi, médaillée aux Jeux Africains, ou la basketteuse Djamila Benaouda, qui militent pour une meilleure reconnaissance des sportives algériennes. « On a besoin de modèles comme Sofia pour inspirer les générations futures », estime Samia Zennadi, présidente de l’Association des femmes sportives algériennes (AFSA).

Un avenir à construire

Pour Sofia Guellati, l’enjeu dépasse le sport. « Quand une fille voit une Algérienne jouer en équipe nationale, ça lui donne envie de se battre pour ses rêves. C’est ça, la vraie victoire. » À quelques mois de la CAN 2026, l’Algérie a une occasion unique de confirmer sa place parmi les grandes nations du football féminin africain.

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