Mostaganem lance une station de dessalement d’eau de mer

L’Algérie accélère sa transition vers des solutions durables pour faire face à la pénurie d’eau. La wilaya de Mostaganem vient d’annoncer un projet structurant : la construction d’une station de dessalement d’eau de mer. Selon El Watan, cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan national de sécurisation des ressources hydriques, lancé par le gouvernement pour répondre aux besoins croissants des populations et des secteurs économiques.

Une réponse à la rareté de l’eau

Le ministre des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi, a souligné lors d’une visite sur le site que cette infrastructure permettra de soulager la pression sur les barrages de la région, comme celui de Kramis, dont le taux de remplissage reste préoccupant. « Le dessalement n’est plus une option, mais une nécessité pour garantir l’accès à l’eau à long terme », a-t-il déclaré, cité par l’Agence Presse Service (APS).

Un modèle inspiré des expériences internationales

La Société des Eaux et de l’Assainissement de Mostaganem (SEAM) sera chargée de la gestion de l’infrastructure, en collaboration avec des partenaires étrangers spécialisés. Le coût total du projet, estimé à plus de 100 millions de dollars, sera financé par le Fonds national de l’investissement (FNI) et des prêts concessionnels de la Banque africaine de développement (BAD).

Des retombées économiques et sociales

Les agriculteurs de la région, qui dépendent largement des eaux souterraines, pourraient bénéficier d’un accès prioritaire à cette nouvelle ressource. « Cela permettra de préserver les nappes phréatiques et de développer des cultures moins gourmandes en eau », explique un responsable de la Chambre d’agriculture de Mostaganem.

Un projet parmi d’autres

Cependant, des défis persistent. Les coûts énergétiques élevés et l’impact environnemental des rejets de saumure restent des sujets de préoccupation. Des experts, comme ceux du Centre national des technologies de l’eau (CNTE), travaillent sur des solutions pour minimiser ces effets, notamment en diluant les rejets dans les courants marins ou en les utilisant pour des projets aquacoles.

Une étape vers la souveraineté hydrique

Les travaux devraient débuter d’ici la fin de l’année, avec une mise en service prévue dans un délai de 24 à 30 mois. Une fois opérationnelle, la station de dessalement de Mostaganem marquera une avancée significative dans la stratégie algérienne de gestion durable de l’eau.

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