L’Algérie lance son plan national contre le cash

Le gouvernement algérien a officiellement engagé une stratégie pour réduire l’usage des espèces dans l’économie nationale. Ce plan, annoncé récemment par le ministère des Finances, vise à généraliser les paiements électroniques et à renforcer l’inclusion financière. Selon Tunisie Numérique, qui a révélé les détails de cette initiative, l’objectif est de moderniser les transactions et de lutter contre l’économie informelle.

Une feuille de route ambitieuse

Ensuite, le gouvernement prévoit d’élargir le réseau d’acceptation des paiements électroniques. Actuellement, moins de 30 % des commerces en Algérie disposent d’un terminal de paiement électronique (TPE). Pour y remédier, la Banque d’Algérie a annoncé des incitations fiscales pour les entreprises qui s’équipent, ainsi que des subventions pour l’acquisition de terminaux.

Des défis logistiques et culturels

Le second défi est culturel. L’usage du cash reste profondément ancré dans les habitudes des Algériens, en particulier pour les petites transactions. Un rapport de la Banque mondiale souligne que 70 % des paiements en Algérie se font encore en espèces. Pour inverser cette tendance, le gouvernement mise sur des partenariats avec les opérateurs télécoms, comme Algérie Télécom et Mobilis, pour promouvoir les solutions de paiement mobile.

Des résultats encourageants

La Banque d’Algérie a également renforcé la sécurité des transactions en ligne. Depuis 2024, toutes les cartes bancaires émises en Algérie sont équipées de la technologie EMV, qui réduit les risques de fraude. Par ailleurs, une plateforme de signalement des incidents liés aux paiements électroniques a été mise en place, en collaboration avec la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

Un enjeu économique et social

Pour les citoyens, cette transition offre plusieurs avantages. Les paiements électroniques permettent de réduire les risques de vol et de perte, tout en facilitant les transactions à distance. Les entreprises, quant à elles, bénéficient d’une meilleure traçabilité de leurs revenus, ce qui peut faciliter l’accès au crédit bancaire.

Les prochaines étapes

Enfin, le gouvernement envisage de rendre obligatoire le paiement électronique pour certaines catégories de transactions, comme les factures d’électricité et d’eau. Une décision qui pourrait être annoncée d’ici la fin de l’année, selon des sources proches du ministère des Finances.

Cette stratégie marque un tournant dans la politique économique algérienne. Si elle parvient à surmonter les défis logistiques et culturels, elle pourrait positionner l’Algérie comme un leader régional en matière de digitalisation des paiements.

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