Algérie confie trois centrales solaires à Sinohydro

L’Algérie a officiellement attribué à l’entreprise chinoise Sinohydro la construction de trois centrales solaires d’une capacité totale de 3 000 mégawatts (MW), selon Leconomiste Maghrebin. Ce contrat, signé récemment, marque une étape clé dans la stratégie énergétique nationale visant à diversifier le mix électrique et à réduire la dépendance aux hydrocarbures.

Un partenariat stratégique pour le solaire

Le choix de Sinohydro intervient après un appel d’offres international lancé en 2024, auquel ont répondu plusieurs entreprises européennes et asiatiques. Selon des sources proches du dossier, le critère du financement a joué un rôle décisif : l’entreprise chinoise propose un montage financier incluant un prêt concessionnel de la Banque de développement de Chine, couvrant jusqu’à 85 % du coût total estimé à 2,5 milliards de dollars. Ce mécanisme, déjà utilisé pour d’autres projets d’infrastructures en Algérie, permet de limiter l’impact sur le budget de l’État.

Enjeux économiques et technologiques

Sur le plan économique, le projet devrait permettre de réduire la facture des importations de gaz naturel, utilisée à plus de 90 % pour la production d’électricité. L’Algérie, qui consomme près de 60 milliards de mètres cubes de gaz par an, cherche à libérer des volumes supplémentaires pour l’exportation, notamment vers l’Europe. Les trois centrales solaires, une fois opérationnelles, pourraient couvrir environ 15 % de la demande nationale en électricité, selon les projections du ministère.

Défis logistiques et environnementaux

Sur le plan environnemental, les autorités algériennes ont insisté sur le respect des normes internationales en matière d’impact écologique. Les études d’impact, réalisées en collaboration avec des experts locaux, ont identifié des zones à faible biodiversité pour l’implantation des centrales. Cependant, des associations écologistes, comme l’ONG algérienne « Réseau Action Climat », ont exprimé des réserves sur la gestion des déchets photovoltaïques, un enjeu encore peu réglementé en Algérie.

Un pas vers l’objectif 2030

La collaboration avec Sinohydro pourrait aussi ouvrir la voie à d’autres partenariats sino-algériens, notamment dans l’hydrogène vert, un secteur en émergence. Des discussions seraient en cours pour un projet pilote dans la wilaya d’Adrar, où les conditions climatiques sont favorables à la production d’hydrogène par électrolyse.

Réactions et perspectives

À l’international, ce projet renforce la position de l’Algérie comme acteur clé des énergies renouvelables en Afrique du Nord. Le pays, qui préside actuellement l’Union africaine, pourrait utiliser cette dynamique pour promouvoir une coopération régionale dans le solaire, notamment avec des pays comme le Maroc et la Tunisie, confrontés à des défis similaires.

Si les défis restent nombreux, ce contrat avec Sinohydro marque une avancée concrète dans la transition énergétique algérienne. Reste à voir si les objectifs ambitieux fixés pour 2030 pourront être atteints sans une accélération des réformes structurelles et un engagement plus fort du secteur privé.

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