L’Agence nationale de l’emploi et de la solidarité (NESDA) a annoncé récemment l’extension de ses services aux diplômés de la formation professionnelle en Algérie, une mesure qui vise à renforcer l’insertion des jeunes qualifiés dans le marché du travail. Selon Algerie Eco, cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation des filières techniques et professionnelles, notamment dans des secteurs clés comme le tourisme et l’hôtellerie.
Un élargissement des dispositifs d’accompagnement
Cette mesure concerne particulièrement les lauréats des instituts nationaux spécialisés en formation professionnelle (INSFP) et des centres de formation relevant du ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels. Les secteurs prioritaires incluent le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, mais aussi l’artisanat, la mécanique et les technologies de l’information. Selon les données officielles, plus de 200 000 jeunes sortent chaque année des filières professionnelles en Algérie, un vivier de compétences souvent sous-exploité.
Le tourisme et l’hôtellerie en première ligne
Cette décision intervient dans un contexte où le gouvernement algérien mise sur le tourisme comme moteur de diversification économique. Le Plan national de développement du tourisme (PNDT) 2020-2024 avait déjà identifié la pénurie de main-d’œuvre qualifiée comme un frein à la croissance du secteur. En 2024, le ministère du Tourisme avait annoncé la création de 50 000 emplois directs dans l’hôtellerie et la restauration d’ici 2026, un objectif qui nécessite une adéquation entre les compétences disponibles et les besoins des employeurs.
Des défis persistants
Par ailleurs, la perception sociale des métiers techniques et professionnels reste un obstacle. Malgré les efforts de revalorisation, ces filières sont souvent perçues comme des voies de second choix, réservées aux élèves en difficulté scolaire. Les entreprises, de leur côté, expriment parfois des réticences à embaucher des jeunes formés dans des structures publiques, privilégiant les profils issus de formations privées ou de l’étranger.
Un pas vers la reconnaissance des compétences
Pour les jeunes concernés, cette mesure représente une opportunité d’accéder à des offres d’emploi qualifiées, mais aussi à des programmes de mobilité professionnelle, notamment dans le cadre des partenariats internationaux. La NESDA collabore déjà avec des organismes étrangers, comme l’Agence française de développement (AFD) ou la Banque mondiale, pour faciliter l’insertion des Algériens à l’étranger, notamment dans les métiers de l’hôtellerie et de la restauration.
Vers une meilleure articulation entre formation et emploi
Cette mesure s’inscrit dans une série de réformes visant à moderniser le marché du travail en Algérie. En 2023, le gouvernement avait lancé un programme de « contrats de professionnalisation » pour les jeunes diplômés, combinant formation en entreprise et rémunération. L’extension des services de la NESDA aux diplômés de la formation professionnelle en est une suite logique, mais son succès dépendra de la capacité à lever les freins structurels qui persistent.
Pour les milliers de jeunes formés chaque année dans les filières techniques, cette décision ouvre une porte. Reste à savoir si elle suffira à transformer durablement le paysage de l’emploi en Algérie, ou si elle devra s’accompagner de mesures plus ambitieuses pour réconcilier formation, compétences et besoins économiques.