Kibing Group lance une usine de verre solaire en Algérie

Le groupe chinois Kibing Group a officialisé cette semaine son projet d’implantation d’une usine de production de verre solaire en Algérie. Ce partenariat, annoncé par plusieurs médias locaux et internationaux, marque une étape supplémentaire dans la diversification du secteur énergétique algérien, déjà engagé dans une transition vers les énergies renouvelables.

Selon El Moudjahid, l’usine sera dédiée à la fabrication de verre solaire, un composant essentiel pour les panneaux photovoltaïques. Le projet s’inscrit dans le cadre des ambitions algériennes de produire 15 000 mégawatts d’énergie renouvelable d’ici 2035, comme le prévoit le programme national des énergies renouvelables. AL24 News précise que l’investissement chinois vise à répondre à la demande croissante du marché local et à réduire la dépendance aux importations de matériaux pour les infrastructures solaires.

Le ministre de la Transition énergétique et des Énergies renouvelables, Benattou Ziane, a salué cette initiative lors d’une rencontre avec les représentants de Kibing Group. Il a souligné que ce projet s’aligne sur la stratégie gouvernementale visant à développer une industrie locale des énergies propres. « L’Algérie dispose d’un potentiel solaire exceptionnel, et ce partenariat avec Kibing Group nous permettra de renforcer notre autonomie dans la chaîne de valeur des énergies renouvelables », a-t-il déclaré, cité par l’APS.

Un partenariat stratégique pour l’industrie solaire algérienne

Le verre solaire produit par Kibing Group sera utilisé dans la fabrication de panneaux photovoltaïques, un secteur en pleine expansion en Algérie. Selon des sources industrielles, le pays importe actuellement une grande partie de ses composants solaires, ce qui alourdit les coûts des projets renouvelables. L’implantation d’une usine locale devrait permettre de réduire ces dépenses et d’accélérer le déploiement des centrales solaires à travers le territoire.

Le projet s’inscrit également dans le cadre de la loi sur les énergies renouvelables, adoptée en 2023, qui encourage les investissements étrangers dans ce domaine. D’après El Watan, Kibing Group bénéficiera d’avantages fiscaux et douaniers pour faciliter son installation. Le groupe chinois, spécialisé dans la production de verre et de matériaux pour l’énergie solaire, est déjà présent dans plusieurs pays africains, dont l’Égypte et l’Afrique du Sud.

Des retombées économiques et technologiques attendues

L’usine de Kibing Group devrait créer plusieurs centaines d’emplois directs et indirects, selon les estimations du ministère de l’Industrie. Les autorités algériennes misent sur ce type de partenariats pour dynamiser le secteur industriel et former une main-d’œuvre qualifiée dans les technologies vertes. « Ce projet ne se limite pas à la production de verre solaire. Il s’agit aussi de transférer des compétences et des technologies vers l’Algérie », a expliqué un responsable du ministère de la Transition énergétique, sous couvert d’anonymat.

Par ailleurs, ce partenariat pourrait ouvrir la voie à d’autres investissements chinois dans le secteur des énergies renouvelables. Pékin, qui a renforcé sa coopération économique avec Alger ces dernières années, voit dans l’Algérie un partenaire clé pour ses projets en Afrique du Nord. En 2024, les deux pays ont signé plusieurs accords dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et des technologies, pour un montant total dépassant les 7 milliards de dollars.

Un pas vers l’autonomie énergétique

L’Algérie, qui dépend encore largement des hydrocarbures, cherche à diversifier son mix énergétique. Le solaire représente une opportunité majeure, avec un potentiel estimé à plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an dans certaines régions du pays. Le gouvernement a lancé plusieurs appels d’offres pour la construction de centrales solaires, dont certaines sont déjà en service, comme celle de Hassi R’Mel, d’une capacité de 50 mégawatts.

Cependant, des défis persistent. Les retards dans la mise en œuvre des projets et les contraintes logistiques freinent encore le développement du secteur. L’arrivée de Kibing Group pourrait contribuer à surmonter ces obstacles en localisant une partie de la production. « Ce projet est une étape importante, mais il faudra aussi améliorer les infrastructures et simplifier les procédures administratives pour attirer davantage d’investisseurs », estime un expert en énergies renouvelables, interrogé par TSA.

Réactions et perspectives

Les acteurs du secteur privé algérien ont accueilli favorablement l’annonce de l’usine de Kibing Group. La Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) a souligné que ce projet pourrait stimuler l’émergence d’une filière locale de fabrication de panneaux solaires. « C’est une opportunité pour les entreprises algériennes de s’intégrer dans la chaîne de valeur des énergies renouvelables », a déclaré un représentant de la CACI.

Du côté des écologistes, l’initiative est perçue comme un signal positif, mais insuffisant. « L’Algérie a un potentiel énorme en matière d’énergies renouvelables. Il faut aller plus loin en accélérant les investissements et en impliquant davantage les acteurs locaux », a déclaré un membre de l’association écologique « SOS Environnement », contacté par El Khabar.

En attendant, le projet de Kibing Group devrait entrer dans sa phase opérationnelle d’ici la fin de l’année, selon les informations recueillies par plusieurs médias. Si les délais sont respectés, l’usine pourrait commencer à produire du verre solaire dès 2026, marquant une avancée concrète dans la stratégie algérienne de transition énergétique.

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