Cette semaine, la wilaya de Tizi Ouzou a lancé une campagne de sensibilisation pour prévenir les feux de forêts, un fléau qui s’aggrave avec le changement climatique. Selon Horizons, cette initiative vise à mobiliser les citoyens, les associations et les autorités locales pour réduire les risques d’incendies, particulièrement fréquents en période estivale.
Un bilan alarmant des dernières années
Une campagne ciblée et participative
Le wali de Tizi Ouzou, Kamel Bouchama, a souligné lors d’une conférence de presse que « la prévention est la meilleure arme contre les incendies ». Il a appelé les citoyens à signaler immédiatement tout départ de feu via le numéro vert 1021, mis en place par la Protection civile. Des exercices de simulation ont également été organisés dans plusieurs villages pour préparer les populations à réagir en cas d’urgence.
Le rôle des changements climatiques
Le professeur Mohamed Meddi, climatologue à l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB), explique que « les feux de forêts ne sont plus un phénomène saisonnier, mais une menace permanente ». Il recommande des mesures structurelles, comme le reboisement avec des espèces résistantes à la sécheresse et la création de coupe-feux pour limiter la propagation des incendies.
Des moyens insuffisants face à l’ampleur du phénomène
Des associations locales, comme Ighil Bouammas et Tighri n Tmettut, dénoncent un manque de coordination entre les différents acteurs. « Les campagnes de sensibilisation sont utiles, mais sans investissements dans les équipements et la formation, elles ne suffiront pas », déclare Amar Ouali, président de l’association Ighil Bouammas. Il propose la création d’un fonds national dédié à la lutte contre les feux de forêts, financé par des partenariats public-privé.
Vers une approche intégrée
En Algérie, des projets pilotes pourraient être lancés dès 2025 dans les wilayas les plus exposées, comme Tizi Ouzou, Béjaïa et Jijel. Le ministre des Forêts, Mohamed Seghir Nekkache, a annoncé lors d’une visite à Tizi Ouzou que « des drones équipés de caméras thermiques seront déployés pour détecter les départs de feu en temps réel ». Il a également évoqué la possibilité de recruter des gardes forestiers supplémentaires pour renforcer la surveillance.
L’implication des citoyens, clé de la réussite
À Aït Yenni, une commune connue pour ses poteries et ses forêts de chênes-lièges, les habitants ont organisé une journée de nettoyage des sous-bois pour réduire les risques d’incendie. « Nous ne pouvons pas attendre que l’État fasse tout. Chacun doit prendre ses responsabilités », déclare Fatima, une habitante du village.
Un enjeu national
Cependant, les experts soulignent que ces mesures ne suffiront pas sans une politique globale de gestion des forêts. Le professeur Meddi insiste sur la nécessité de « repenser l’aménagement du territoire pour limiter l’urbanisation anarchique et protéger les zones boisées ». Il propose également de développer des filières économiques durables, comme l’écotourisme ou la production de liège, pour inciter les populations à préserver les forêts.
Un défi pour les générations futures
Pour les habitants de la région, comme pour les autorités, l’enjeu est clair : protéger les forêts aujourd’hui, c’est garantir un avenir viable pour les générations futures. Comme le résume un proverbe kabyle : « La forêt est notre mère, si nous la brûlons, nous brûlons notre propre vie. »