Nesrine Ziad, directrice du programme d’accélération d’entreprises chez l’incubateur public Algerian Startup Initiative (ASI), a récemment mis en lumière les avancées de l’open innovation en Algérie. Lors d’un atelier organisé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en mars 2023, elle a présenté des initiatives concrètes pour intégrer les startups et les entreprises innovantes dans l’écosystème économique national.
D’après le PNUD, Nesrine Ziad a souligné que l’open innovation permet aux grandes entreprises algériennes d’accélérer leur transformation numérique en collaborant avec des acteurs externes, notamment des startups locales. Cette approche vise à résoudre des problèmes complexes en s’appuyant sur des solutions innovantes développées par des entrepreneurs indépendants. « L’Algérie dispose d’un vivier de talents capables de répondre aux défis technologiques des secteurs clés comme l’énergie, l’agriculture et la santé », a-t-elle déclaré.
Parmi les exemples cités, le partenariat entre la Sonatrach et des startups spécialisées dans les énergies renouvelables a permis de développer des prototypes pour optimiser la production d’hydrogène vert. Ce projet, soutenu par l’ASI, illustre la volonté des institutions publiques de s’appuyer sur l’innovation ouverte pour diversifier l’économie. Selon Nesrine Ziad, cette dynamique pourrait générer des centaines d’emplois qualifiés d’ici 2026, notamment dans les wilayas d’Alger, Oran et Annaba, où les incubateurs se multiplient.
Les obstacles persistent néanmoins. Le rapport du PNUD met en avant des freins structurels, comme la lenteur des procédures administratives et le manque de financements dédiés aux projets innovants. Nesrine Ziad a insisté sur la nécessité de simplifier les démarches pour les startups, tout en renforçant les liens entre les universités et les entreprises. « Les jeunes diplômés algériens sont souvent contraints de quitter le pays pour développer leurs idées. Nous devons leur offrir un cadre attractif ici », a-t-elle ajouté.
En réponse à ces défis, le ministère de l’Économie de la Connaissance et des Startups a annoncé en 2024 la création d’un fonds public de 10 milliards de dinars pour soutenir les projets d’innovation. Ce fonds, géré par l’ASI, cible en priorité les startups dirigées par des femmes, qui représentent seulement 20 % des entrepreneurs dans le secteur technologique. Nesrine Ziad a salué cette mesure, tout en appelant à des actions complémentaires, comme des programmes de mentorat et des espaces de coworking accessibles.
L’impact de l’open innovation dépasse le cadre économique. Selon une étude publiée par l’École nationale supérieure d’informatique (ESI) en 2023, les entreprises algériennes qui adoptent cette approche voient leur productivité augmenter de 15 à 25 % en moyenne. Dans le secteur de la santé, des startups comme MedTech Algérie ont collaboré avec des hôpitaux publics pour développer des applications de télémédecine, améliorant ainsi l’accès aux soins dans les zones rurales.
Les acteurs internationaux suivent de près ces évolutions. La Banque mondiale a récemment classé l’Algérie parmi les pays africains les plus prometteurs en matière d’innovation, citant notamment les progrès réalisés dans les technologies vertes. Nesrine Ziad a rappelé que ces avancées s’inscrivent dans une stratégie plus large, celle de faire de l’Algérie un hub régional pour l’innovation d’ici 2030.
Pour concrétiser cette ambition, des événements comme le Salon de l’Innovation d’Alger, prévu en novembre 2025, joueront un rôle clé. Ce salon, organisé par l’ASI en partenariat avec des entreprises privées, permettra aux startups de présenter leurs solutions à des investisseurs locaux et étrangers. Nesrine Ziad a invité les entrepreneurs algériens à y participer massivement, soulignant que « l’innovation n’est pas une option, mais une nécessité pour l’avenir du pays ».
Les défis restent nombreux, mais les initiatives portées par des figures comme Nesrine Ziad montrent que l’Algérie est en train de construire un écosystème favorable à l’innovation. Si les réformes se poursuivent à ce rythme, le pays pourrait bien devenir un modèle pour le continent africain.