L’Algérie consolide sa position stratégique dans l’espace euro-méditerranéen en misant sur les énergies renouvelables comme levier de coopération régionale. Selon La Nouvelle République Algérie, ce recentrage s’inscrit dans une volonté de transformer le pays en un hub énergétique entre l’Europe et le continent africain. Une ambition qui s’appuie sur des partenariats concrets et une réglementation adaptée, tout en répondant aux défis climatiques et économiques locaux.
Un cadre réglementaire aligné sur les ambitions européennes
Le ministère de la Transition énergétique a également lancé des appels d’offres pour des centrales hybrides (solaire-gaz) dans le sud du pays, une région où l’ensoleillement dépasse 3 000 heures par an. Ces projets, d’une capacité totale de 4 000 MW, devraient être opérationnels d’ici 2030. Ils s’accompagnent d’un plan de modernisation du réseau électrique national, financé en partie par la Banque européenne d’investissement (BEI).
Des partenariats ciblés avec l’Europe et l’Afrique
Parallèlement, l’Algérie renforce ses liens avec les pays africains. Le projet Desertec Industrial Initiative (DII), relancé en 2025, inclut désormais des partenaires maghrébins et subsahariens. L’objectif est de créer un réseau électrique interconnecté entre l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest, alimenté par des énergies renouvelables. L’Algérie, via Sonelgaz, a déjà signé des protocoles d’accord avec le Maroc et la Mauritanie pour des échanges d’électricité verte. Ces initiatives s’inscrivent dans la stratégie de l’Union africaine pour une transition énergétique continentale.
Enjeux économiques et géopolitiques
Sur le plan géopolitique, l’Algérie cherche à équilibrer ses relations entre l’Europe et l’Afrique. En se présentant comme un pont entre les deux continents, elle espère renforcer son influence diplomatique. Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a récemment déclaré que « l’Algérie est déterminée à jouer un rôle central dans la sécurité énergétique de la Méditerranée ». Cette posture s’accompagne d’une volonté de diversifier les partenariats, notamment avec la Chine et la Russie, qui investissent massivement dans les infrastructures énergétiques en Afrique.
Des défis techniques et financiers
Les financements restent également un enjeu majeur. Si l’Algérie a bénéficié de prêts européens et de fonds climatiques internationaux, elle doit mobiliser davantage de capitaux privés. Le gouvernement a annoncé la création d’un fonds souverain dédié aux énergies renouvelables, doté de 5 milliards de dollars, mais son déploiement tarde. Les experts estiment que l’Algérie devra améliorer son climat des affaires pour attirer les investisseurs, notamment en simplifiant les démarches douanières et en garantissant la stabilité des contrats.
Une vision à long terme
La dimension régionale est au cœur de cette stratégie. En s’appuyant sur ses ressources naturelles et sa position géographique, l’Algérie espère devenir un acteur incontournable de la transition énergétique en Méditerranée. Les prochains mois seront cruciaux, avec la finalisation des premiers projets hydrogène et l’interconnexion électrique avec les pays voisins. Si ces initiatives aboutissent, elles pourraient redéfinir le rôle de l’Algérie sur la scène internationale, bien au-delà du secteur énergétique.